Une centrale au charbon canadienne va bientôt capter son CO2

Le 01 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une vieille centrale, bientôt à la pointe du progrès.
Une vieille centrale, bientôt à la pointe du progrès.
SaskPower

Paradoxe.

C’est une toute petite compagnie d’électricité canadienne qui va mettre en service la première centrale thermique au monde capturant le CO2.

Située à Estevan, dans la Saskatchewan, la centrale de Boundary Dam est une vielle installation de 800 MW, assise sur un gigantesque tas de lignite : le plus carboneux des combustibles fossiles.

Chaque année, la plus puissante centrale de la province relâche 6 millions de tonnes de CO2. Un chiffre qu’il faudra réviser à la baisse dès l’année prochaine.

SaskPower, l’électricien public régional, achève la modernisation d’une partie de la centrale. D’une capacité de 110 MW, la troisième tranche va être remplacée. La nouvelle chaudière sera, en outre dotée d’un dispositif de captage de gaz carbonique.

Devant être inauguré dans quelques mois, ce système, fonctionnant aux amines, séparera 95% du CO2 du reste des effluents gazeux, soit environ un million de tonnes par an. Déshydraté et épuré, le gaz carbonique sera liquéfié, ce qui favorisera son transport par «carboduc», vers le champ pétrolier de Weyburn, distant d’une soixantaine de kilomètres de la centrale.

Vendu à un pétrolier, le CO2 sera ensuite injecté dans des forages pour doper la production d’huile. Cette première mondiale devrait être suivie de beaucoup d’autres. Une petite trentaine de projets comparables sont actuellement en construction ou en projet, essentiellement aux Etats-Unis, au Canada, en Europe et en Chine.

Le montant de l’investissement consenti par SaskPower est de 1,2 milliard de dollars (876 M€), dont 240 millions (175 M€) ont été apportés par la région.

Les pétroliers de Weyburn ont déjà utilisé du dioxyde de carbone, capté sur une usine américaine de gazéification de charbon, pour accroître la productivité de leurs puits. Entre 2000 et 2010, ils ont injecté une vingtaine de millions de tonnes de CO2 supercritique dans le sous-sol canadien. L’opération a été stoppée à la suite de la découverte de fuite de gaz carbonique qui pourrait être imputable au stockage géologique de carbone.



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