Une carte nationale pour prévoir les crues

Le 12 juillet 2006 par Agnes Ginestet
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En pleine période estivale, l’évocation de la prévention des risques liés aux inondations peut faire sourire. Mais pour Nelly Olin, ministre chargée de l’environnement, c’est l’anticipation qui compte: on parle de crues en juillet comme on parle de sécheresse en hiver. C’est donc le 11 juillet qu’elle a choisi pour présenter la carte de «vigilance crue».

Dans le cadre d’une réforme de la politique de prévention des inondations, précisée dans une circulaire en 2002 (1), le ministère en charge de l’environnement procède au renforcement du dispositif d’annonce des crues. L’objectif étant de donner aux autorités publiques, tant au niveau local que national, les moyens d’anticiper les situations de crise.

Installé à Toulouse et créé en 2003, le Service central d’hydrométéorologie et d’aide à la prévision des inondations (Schapi) joue un rôle important dans la mise en œuvre de cette politique, aux côtés des Services de prévision des crues (SPC) et en partenariat avec Météo France. Il dépend de la direction de l’eau du ministère chargé de l’environnement, et regroupe des experts en météorologie et hydrologie. Ses fonctions: assurer un soutien aux SPC, établir et diffuser les informations de vigilance et mettre en place des procédures de prévision des crues, d’un point de vue scientifique et technique.
Le Schapi et les 22 SPC présents en France sont donc chargés de la veille hydro-météorologique sur les cours d’eau suivis par l’Etat. Une carte nationale de «vigilance crue» est désormais accessible sur internet. Remise à jour fréquemment (deux fois par jour, voire plus le cas échéant), elle est accessible à tous et fournit des niveaux de risque pour les 24 heures à venir: vert, jaune, orange ou rouge. Les données s’appuient sur les prévisions de pluie, l’état des sols, la configuration des bassins versants…
Des bulletins nationaux, mais aussi locaux qui concernent des tronçons de cours d’eau, sont rédigés par les SPC. Accompagnant la carte de vigilance, ils préconisent les comportements à adopter par les citoyens en cas de risque, annoncent les conséquences possibles selon les cas…

Au total, 640 stations de mesures sont dispersées sur les 241 tronçons de cours d’eau concernés. Mais la carte ne recense pas tous les cours d’eau. «Ceux qui sont suivis représentent 98 % des dangers potentiels» indique Pascal Berteaud, directeur de l’eau au ministère chargé de l’environnement.

Pour compléter ce renforcement de la politique de prévention des risques, la ministre souhaite assurer le contrôle de l’ensemble des digues du territoire d’ici 2010. Dans le cadre du projet de loi sur l’eau, les propriétaires des digues les plus sensibles seront tenus d’effectuer un contrôle régulier de leur ouvrage. Nelly Olin a indiqué: «Nous n’avons pas le droit de mettre les citoyens en danger». Elle a également insisté sur son engagement à lutter contre les fraudes en matière de construction sur les zones inondables. «Accorder un permis de construire dans de telles zones n’est pas admissible et je n’aurai aucun état d’âme à sanctionner si cela se produit» a-t-elle déclaré.


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