Une carte mondiale du stress hydrique

Le 13 décembre 2013 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
En marron: stress hydrique supérieur à 80%. En rouge: entre 40 et 80%
En marron: stress hydrique supérieur à 80%. En rouge: entre 40 et 80%

Une étude, publiée le 12 décembre par le World Resources Institute (WRI), révèle que 37 pays dans le monde connaissent un stress hydrique extrêmement élevé.Le besoin d'eau potable n'est pas proportionnel aux ressources disponibles. Cette situation pourrait accentuer les tensions régionales, notamment dans le bassin méditerranéen, où la pression sur la ressource s’accentue.

un approvisionnement en eau inégal

Méga sècheresse dans l’Ouest américain, inondations en Inde… L’approvisionnement en eau, inégal sur la planète, crée des tensions croissantes que les gouvernements anticipent plus ou moins bien. Pour les inciter à s’atteler à la gestion de cette ressource essentielle, le laboratoire d’idées américain WRI a publié un document aussi clair que complet. Pour la première fois, il met ainsi en relief les pays les plus fortement exposés au stress hydrique, en fonction de leur consommation domestique, agricole ou industrielle.

 

Les chercheurs du projet «Aqueduct» ont ainsi passé à la loupe 100 bassins fluviaux situés dans 181 pays, et ont étudié les usages et la disponibilité de la ressource. Menées pendant trois ans, leurs recherches les ont conduits à dégager 5 indicateurs principaux. A commencer par un indice global de stress hydrique (consommation versus ressource), compris entre 0 et 5 (5 étant le risque le plus élevé). Cet indice possède trois déclinaisons, selon que l’on se focalise sur les usages domestiques, agricoles ou industriels.

 

Ils ont aussi dégagé un indicateur de variabilité annuelle, de variabilité saisonnière, de fréquence des inondations (entre 1985 et 2011) et de gravité de la sécheresse (entre 1901 et 2008).

 

 

L’Europe du Sud fortement exposée

 

Le premier indice, le plus évocateur, révèle les pays dont le stress est «extrêmement élevé». Ils sont classés en catégorie 4 (entre 40 et 80% de stress hydrique) et 5 (plus de 80%), ce qui les rend fortement vulnérables au moindre changement climatique. 37 pays se trouvent dans cette situation (dont 19 à plus de 80%).

 

Ce sont des pays européens, comme Chypre, ou Malte; du Moyen-Orient (Qatar, Emirats arabes unis, Pakistan);  d’Afrique (Maroc, Jamaïque, Sahara de l’Ouest) et d’Asie (Mongolie, Singapour). Globalement, les pays d’Europe du Sud connaissent une forte pression sur la ressource en eau. L’Italie, le Portugal, la Grèce sont ainsi classés en catégorie 3 (entre 20 et 40% de stress hydrique).

 

Inquiétude pour l’Union européenne, déjà soumise à une forte poussée d’émigration en provenance des pays déshérités: la plupart des régions du pourtour méditerranéen sont dans des situations de fort, voire très fort, stress hydrique.

 

singapour pallie à ses besoins en eau

 

Précieux, cet atlas va au-delà d’une simple cartographie mondiale pour montrer que les réponses au stress hydrique varient fortement selon les pays. Singapour, par exemple, connaît un stress extrême sur l’échelle du WRI. Densément peuplé, sans lacs d’eau douce ni aquifères, il est classé en catégorie 5 avec des besoins excédant largement l’état de la ressource. «Mais il a réagi en développant des systèmes de capture d’eau de pluie (qui représentent aujourd’hui 20% de son approvisionnement), de traitement des eaux usées (30%) et de dessalement (10%) si bien qu’il n’importe plus de Malaisie que 40% de ses besoins en eau», explique Paul Reig, chercheur associé au projet Aqueduct, qui a conduit plusieurs projets de conservation de l’eau et de restauration des écosystèmes aux Etats-Unis (Virginie, Maryland et Caroline du Nord).

 

Le WRI, qui espère pouvoir réactualiser ces données deux fois par an, apporte ainsi des indications intéressantes pour les associations de protection de l’environnement, les gouvernements, mais aussi les entreprises. Le projet Aqueduct est d’ailleurs soutenu par General Electric, Bloomberg ou Goldman Sachs, et s’appuie sur des données compilées depuis des années par Coca-Cola Company.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus