Une campagne pour étendre le champ d’interdiction des pesticides

Le 20 mars 2019 par Stéphanie Senet
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La SNCF utilise de 36 à 45 tonnes de glyphosate par an
La SNCF utilise de 36 à 45 tonnes de glyphosate par an

Neuf associations profitent du lancement de la semaine pour les alternatives aux pesticides (du 20 au 30 mars) pour demander l’interdiction des pesticides dans toutes les zones non agricoles.

Alors que la loi Labbé interdit depuis le 1er janvier 2017 le recours aux pesticides dans les espaces verts des collectivités[1], environ 20 millions d’hectares de terrains non agricoles sont encore traités par des molécules chimiques selon l’association Noé de protection de la biodiversité. En comparaison, la surface agricole utile (SAU)[2] française représente 29 Mha.

43 pesticides dans les forêts

69 herbicides et insecticides de synthèse sont ainsi utilisés dans des cimetières et des terrains de sport exemptés par la loi Labbé, mais aussi des espaces forestiers et des terrains d’entreprises. Par exemple, le site E-Phy de l’Anses dénombre 43 pesticides de synthèse, dont 23 à base de glyphosate, classé comme cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Si l’usage des pesticides est interdit dans les espaces ouverts au public, il reste autorisé dans les zones de production, qui peuvent avoisiner les sentiers de promenade. L’association Noé rappelle qu’en 2018, 2.000 ha de forêts landaises traitées au glyphosate pour faire pousser les pins plus vite ont contaminés les abeilles de la région, rendant leur miel impropre à la consommation.

35 molécules dans les terrains d’entreprises

Dans les espaces détenus par les entreprises, 35 pesticides ont été décomptés par l’ONG, dont 16 à base de glyphosate. Premier consommateur de France pour les usages non agricoles, la SNCF en utilise à elle seule 36 à 45 tonnes par an selon la Fondation Concorde.

Interdiction élargie 

Soutenue par les associations Générations futures, Bio Consom’acteurs, Canopée, Ligue de protection des oiseaux (LPO), Agir pour la biodiversité, Nature & progrès, la Fondation Nicolas Hulot, Terre de liens et Terre & Humanisme, Noé réclame une interdiction totale des pesticides dans ces terrains dès le 1er janvier 2020. «Le gouvernement français avait pour objectif de réduire de moitié le recours aux pesticides entre 2008 et 2018 mais leur consommation a au contraire augmenté de plus de 10% depuis 2009», rappelle-t-elle.



[1] Elle interdit aussi la vente de pesticides aux particuliers depuis le 1er janvier 2019.

[2] La SAU regroupe les terres arables, les cultures et prairies permanentes, et les zones agricoles hors exploitation comme les jardins familiaux

 



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