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Une banque de sperme de corail

Le 24 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Du corail en période de frai
Du corail en période de frai

Une physiologiste de l’institut de biologie marine d’Hawaï a eu l’idée de congeler du sperme de corail. En fait, elle construit une banque du sperme à partir d’espèces collectées à Hawaï, dans les Caraïbes et en Australie. Une opération qui pourrait permettre de repeupler les massifs coralliens les plus atteints par le réchauffement climatique.

Elle évalue à 1.000 milliards le nombre de spermatozoïdes de corail déjà congelés par ses soins depuis plusieurs années. De quoi inséminer 500 millions à 1 milliard d’œufs. Et Mary Hagedorn conserve, en plus, 3 millions de cellules embryonnaires gelées. Certaines sont des cellules-souches et ont donc la capacité de se développer en corail adulte.

Car même si les polypes ont la capacité de se reproduire de manière asexuée, la reproduction sexuée permet de maintenir la diversité génétique au sein des populations, en améliorant la capacité de survie et l’adaptation au changement climatique.

Avec l’augmentation de température des eaux des océans, les coraux sont de plus en vulnérables aux maladies et au blanchiment, un phénomène de stress qui expulse les algues colorées essentielles qui participent à la symbiose et donc à la survie de l’animal.

Le blanchiment du corail est un phénomène qui se développe à une vitesse telle qu’il provoque la mort de récifs entiers. Dans le même temps, l’acidification des océans inhibe la croissance du corail, fragilise son squelette calcaire.

Dans les Caraïbes, 80% du corail a déjà disparu. Et au niveau mondial, selon les spécialistes, la moitié du corail aurait disparu entre les années 1980 et 2003. A ce rythme, le corail sera rayé des cartes d’ici 2050. Or un quart des espèces marines interagissent d’une manière ou d’une autre avec ces animaux.

Face à la vitesse de disparition des massifs coralliens, cette banque du sperme apparaît comme un ultime recours. Seuls 27% des massifs coralliens de la planète sont en effet actuellement protégés.

Comment financer ce genre de projet alors que la protection des récifs coralliens nécessite tellement de moyens? Entre la stratégie de protection des milieux et celle de conservation génétique des espèces, Mary Hagedorn répond: «Dans un monde idéal, nous emploierions les deux stratégies». Mais là, il s’agit de faire des choix et la scientifique américaine préfère opter pour la solution la plus technologique.

Invitée par ses collègues australiens sur la grande barrière de corail, Mary Hagedorn a réussi, à l’automne dernier, la collecte et la congélation du sperme de 2 des 400 espèces de la grande barrière. Il s’agit d’Acropora tenuis et Acropora millepora. Mais elle considère que la sexualité du corail est encore mal comprise. Les scientifiques ne saisissent pas complètement le lien entre le cycle lunaire et les périodes de frai qui voient des millions d’œufs blanchir les eaux avant d’être fertilisés. Un phénomène difficile à observer.



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