ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

Une bactérie probiotique anti-Listeria

Le 18 janvier 2012 par Romain Loury

Une équipe américaine a mis au point un probiotique génétiquement modifié qui permettrait de prévenir la listériose chez les personnes à risque, lors de travaux publiés dans la revue PLoS ONE.


A l’origine de cette infection alimentaire, la bactérie Listeria monocytogenes franchit la barrière intestinale par un système d’adhésion de sa protéine LAP à Hsp60, protéine présente à la surface des cellules bordant l’intérieur de l’intestin. Cette interaction va fragiliser la barrière, permettant à Listeria de passer dans l’organisme.
 

C’est ce processus qu’a ciblé l’équipe d’Arun Bhunia, de la Purdue University à West Lafayette (Indiana). Les chercheurs ont pour cela utilisé la bactérie probiotique Lactobacillus paracasei, disponible sous forme de compléments alimentaires, lui ajoutant le gène codant pour LAP. Et ce dans le but de créer «une compétition: quand la Listeria arrive, elle ne trouve pas d’endroit où s’attacher», explique Arun Bhunia dans un communiqué de l’université.
 

Objectif presque atteint, selon les travaux qu’il a menés sur des cellules de souche Caco-2 en culture, un système mimant la barrière intestinale in vitro. Après un jour d’incubation en présence du probiotique modifié, le taux de passage de Listeria était réduit de 46,3%, sa toxicité cellulaire de 79%.
 

«Ces probiotiques exprimant LAP pourraient être pris comme complément alimentaire par les personnes à risque, telles que les femmes enceintes, les patients transplantés sous traitement antirejet de greffe, les cancéreux sous chimiothérapie et les personnes âgées», commentent les chercheurs.
 

Un intérêt qui semble uniquement préventif, et non thérapeutique: une fois Listeria attachée aux cellules, il était impossible de l'en déloger par l’ajout du probiotique.
 

Prochaine étape pour les chercheurs, tester cette bactérie chez l’animal à différentes doses afin d’en déterminer la meilleure efficacité. Et si possible sans toxicité: le probiotique modifié s’avérait en effet capable de traverser la barrière, mais l’équipe juge le risque d’infection minime, prévoyant que ces bactéries égarées seront promptement éliminées par l’organisme.