Une bactérie GM contre des maladies intestinales

Le 07 novembre 2012 par Romain Loury
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La maladie de Crohn toucherait autant de Canadiens que de Français.
La maladie de Crohn toucherait autant de Canadiens que de Français.

Une équipe toulousaine a mis au point un probiotique génétiquement modifié qui permettrait de lutter contre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), lors de travaux publiés dans la revue Science Translational Medicine. Regroupant la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, les Mici, qui touchent «près de 200.000 personnes en France», selon l’Inserm, se caractérisent par de violentes douleurs abdominales, des diarrhées parfois sanglantes et des fissures anales.

Si des traitements (corticoïdes, anticorps monoclonaux, etc.) existent, ils échouent chez «20% à 40% des patients», estime l’équipe de Nathalie Vergnolle, du Centre de physiopathologie de Toulouse Purpan (Inserm/université Toulouse III/CNRS). Dans leur étude menée en collaboration avec l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l’Institut Pasteur, les chercheurs montrent l’intérêt d’une nouvelle piste thérapeutique, reposant sur l’élafine.

Quasi absente chez les patients atteints de Mici, cette petite protéine est un inhibiteur de protéase, à l’activité anti-inflammatoire. Pour la réintroduire chez les patients, l’équipe a recouru à des bactéries probiotiques génétiquement modifiées, à savoir des Lactobacillus (lactis et casei) exprimant le gène humain codant pour elle. Administrées par voie orale à des souris souffrant de Mici, les deux types de bactéries modifiées se retrouvent bien dans l’intestin, dont elles protègent l’intégrité et abaissent le niveau d’inflammation. Mêmes résultats sur des cellules intestinales humaines mises en culture.

Basée sur des bactéries présentes dans les produits laitiers, «cette approche pourrait offrir un traitement sur le long terme, coût-efficace [1], contre les Mici et d’autres troubles inflammatoires de l’intestin», commentent les chercheurs. Ces résultats positifs ont de quoi réjouir VIThera, société de biotech basée dans le Massachusetts, qui dispose d’une licence exclusive sur le procédé. Dans un communiqué diffusé suite à cette publication, elle annonce de premiers essais cliniques chez l’homme dans deux ans, chez des patients souffrant d’une rectocolite hémorragique modérée à sévère.

[1] Le coût-efficacité est un indice utilisé par les économistes de la santé afin de mesurer les bénéfices d’un traitement en fonction de son prix.



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