Une arme de guerre pour appliquer le «plan loup»

Le 29 mars 2013 par Marine Jobert
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Abattre les loups à l'arme de guerre, une technique autorisée.
Abattre les loups à l'arme de guerre, une technique autorisée.
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Elle est considérée comme une arme de première catégorie, dont l’acquisition et la détention sont interdites sauf autorisation particulière. Depuis quelques jours, le président des louvetiers de la Drôme est en possession d’une telle arme, à savoir une lunette à amplification de lumière montée sur une carabine, comme l'annonce le magazine Plaisirs de la chasse. Un accessoire financé pour moitié par la chambre départementale d’agriculture, qui lui a été remis très officiellement par un agent de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), en présence du sous-préfet de Die, Guillaume Thirard. C’est d’ailleurs lui qui a délivré la dérogation à l’interdiction d’usage de la lunette.

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan Loup, qui prévoit l’abattage de 24 loups en 2013, soit 10% des loups présents sur le territoire français [JDLE], l’Etat français sort donc les grands moyens. Objectif de cette arme de précision: effectuer un tuer qui ne destructure pas la meute. «Ils admettent enfin que tirer une meute, ça la désorganise!», réagit Pierre Athanaze. Maigre consolation pour le président de l’Association pour la protection de la faune sauvage (Aspas), estomaqué de voir que l’Etat, en plus d’avoir autorisé la chasse d’une espèce protégée, élargit encore la dérogation «24 heures sur 24 et avec du matériel de guerre!»

 

Est-ce que la lunette va permettre une meilleure identification des loups au sein de la meute? «Ils n’arrivent déjà pas à faire la distinction le jour, alors comment distinguer la nuit entre une louve, un jeune et un mâle alpha, avec une lunette dans les tons gris et vert?», demande Pierre Athanaze, qui s’étonne que l’ONCFS, l’établissement public chargé d’encadrer les tirs, «organise une cérémonie avec le sous-préfet, qui a pour finalité de tirer les loups». Et de conclure: «On se permet tout avec cet animal».

 

Contactés, le sous-préfet de Die, l’ONCFS et le ministère de l’écologie n’ont pas répondu à nos demandes d’interviews.



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