Une alliance européenne de recherche pour la sortie des pesticides

Le 24 février 2020 par Romain Loury
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La sortie des pesticides, nouvel horizon de la recherche
La sortie des pesticides, nouvel horizon de la recherche
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Vingt-quatre organismes de recherche européens ont décidé de s’allier en vue d’une agriculture sans pesticide chimique. A l’origine du projet, présenté dimanche 23 février au Salon de l’agriculture, l’Inrae et deux organismes allemands.

Annoncé alors qu’a débuté le Salon international de l’agriculturesamedi 22 février à Paris, l’initiative a été lancée sous l’impulsion de l’Inrae[i], le Centre de recherche fédéral allemand sur les plantes cultivées (JKI) et le Centre de recherche sur le paysage agricole de Leibniz (ZALF).

Sa déclaration d’intention a été signée dimanche 23 février par 24 organismes issus de 16 pays européens, dont l’institut suisse Agroscope, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), le Conseil national de la recherche d’Italie, l’université suédoise des sciences agricoles, l‘Institut finlandais des ressources naturelles, ou encore l’université d’Aarhus (Danemark).

Une feuille de route est en préparation, qui sera soumise à la Commission européenne dans le cadre de son Pacte vert présenté en décembre 2019. L’alliance se veut transdiciplinaire, associant biologie et agronomie, mais aussi sciences humaines et sociales.

Plusieurs pistes de recherche

Parmi les pistes communes de recherche évoquées:«mieux utiliser les approches agro-écologiques afin de développer des systèmes de production plus résistants aux maladies, exploiter le fort potentiel de la sélection végétale, développer l’utilisation du numérique et des nouvelles technologies et agroéquipements, approfondir les leviers et verrous de la transition socio-économique», indique l’Inrae.

Contacté par le JDLE, Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture à l’Inrae, estime qu’il n’y a «jamais eu d’alliance européen de recherche d’une ambition aussi forte, et il n’y en a jamais eu sur ce sujet-là», à savoir la sortie des pesticides. Avant son lancement, ce projet a fait l’objet de «beaucoup de rencontres avec la Commission européenne, nous y avons reçu une écoute très attentive».

Faire poids à Bruxelles

L’objectif de cette alliance, qui ne comportera ni président, ni directeur ou secrétaire général, est non seulement de favoriser des collaborations entre les chercheurs, mais surtout d’«être ensemble sur des grands projets européens». Par exemple lors de la candidature aux appels à projets, mais aussi dans leur élaboration par la Commission. Ou encore dans le partage d’infrastructures de recherche, ainsi que dans l’émergence de grands réseaux de recherche, que ce soit sur l’épidémiosurveillance ou la robotique.

«Cette transition prendra du temps, mais je sais qu’on va y arriver. Nous devons réussir à faire une agriculture alliant performance économique et performance environnementale. La recherche est là pour alimenter la société en connaissances qui n’existent pas encore», ajoute Christian Huyghe.



[i] Institut national de la recherche en agriculture, alimentation et environnement. L’Inrae résulte de la fusion, au 1er janvier, de l’Inra et de l’Irstea.