Une alimentation appauvrie par le CO2

Le 21 août 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
-7,6% de protéines dans le riz
-7,6% de protéines dans le riz
IRRI

La hausse du taux atmosphérique de gaz carbonique va modifier la composition nutritionnelle de certaines céréales. Au risque d’accroître les carences en protéines dans plusieurs pays en développement, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Chez certains végétaux, la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone influe le contenu protéique: il s’agit des plantes dites en C3, comme le riz ou le blé. A l’inverse des plantes (maïs, sorgho) où la photosynthèse est de type «en C4», autre grande voie métabolique de fixation du CO2, sur lesquelles le gaz carbonique n’a que peu d’impact.

Avec l’accroissement de la concentration en carbone de l’atmosphère, qui dépasse désormais les 400 parties par million (ppm) contre 260 ppm à l’ère préindustrielle, les plantes en C3 devraient donc contenir de moins en moins de protéines. Or 76% de la population mondiale est tributaire des céréales, et non de viande comme dans les pays développés, pour leur protéines.

Riz, blé, orge, pomme de terre

Quel impact nutritionnel la hausse du CO2 aura-t-elle sur la population mondiale? S’appuyant sur des études en champ, l’équipe de Samuel Myers, du département de santé environnementale à l’université de Harvard (Boston, Massachusetts), estime que la teneur en protéines pourrait diminuer de 7,6% dans le riz, de 7,8% dans le blé, de 14,1% dans l’orge et de 6,4% dans la pomme de terre, pour une teneur atmosphérique comprise entre 500 et 700 ppm.

Sans augmentation de la teneur en CO2, 1,4 milliard des 9,5 milliards de personnes que portera la Terre seront carencés en protéines, soit 15,1% contre 12,2% actuellement. Mais si la teneur dépasse les 500 ppm, près de 150 millions de personnes pourraient s’y ajouter, soit près de 17 % de la population mondiale.

Un effondrement protéique dans 18 pays

L’effet du carbone sera bien plus marqué dans certains pays: selon les chercheurs, 18 pays, dont la Chine, l’Inde, le Bangladesh et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, verront leur consommation de protéines diminuer de 5%. En Inde, 53,4 millions de personnes seront touchés par une pénurie protéique directement liée au CO2 atmosphérique.

Publiée par la même équipe dans la revue Geohealth, une autre étude montre que le gaz carbonique aura aussi des effets sur la teneur en fer des céréales. Dans les pays déjà très exposés à l’anémie, dont ceux d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud, les apports en fer pourraient encore diminuer de 3,8%, estiment les chercheurs.

Selon Samuel Myers, «des stratégies pour maintenir une alimentation adéquate doivent se concentrer sur les pays les plus vulnérables, en favorisant des régimes plus équilibrés et plus nutritifs, par exemple en cultivant des plantes moins sensibles au CO2. Et, bien sûr, en réduisant le plus vite possible les émissions mondiales de CO2».



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus