Une agro-écologie bonne pour le climat et la santé

Le 17 avril 2019 par Stéphanie Senet
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Objectif: un cheptel bovin réduit de 34% en Europe en 2050
Objectif: un cheptel bovin réduit de 34% en Europe en 2050

L’agro-écologie peut nourrir durablement 530 millions d’Européens tout en améliorant leur régime alimentaire et en réduisant de 47% les émissions de gaz à effet de serre du secteur en 2050. Mode d’emploi dans l’étude Tyfa-GES publiée le 16 avril par l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Un nouveau scénario vise une agro-écologie plus ambitieuse pour le climat. Après Afterres 2050 de Solagro, l’Iddri précise son scénario Tyfa[1] pour le rendre compatible avec l’objectif de neutralité carbone en Europe en 2050. Les chercheurs ont donc intégré les données de la stratégie de long terme de l’Union européenne (EU LTS) et de l’étude Net Zero 2050 qui misent sur le ‘land sparing’ (ou économie de terres) pour libérer des terres agricoles en vue de les boiser et d’augmenter le puits biogénique.

Même fil rouge

Résultat: Tyfa-GES ne remet pas en cause les principes du scénario de base. A savoir une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 47% en 2050[2] grâce à un potentiel de séquestration du carbone de 159 millions de tonnes de CO2 par an jusqu’à 2035[3]. Et surtout un menu de décontamination à base de suppression des intrants chimiques, généralisation des principes de l’agriculture biologique, baisse de l’élevage intensif, hausse des prairies et de l’élevage extensif.

Encore un effort

L’étude rappelle que l’agriculture européenne a déjà amélioré son bilan carbone, en réduisant ses émissions de GES de 20% entre 1990 et 2015. Un résultat toutefois insuffisant pour stopper l’érosion alarmante de la biodiversité et la dégradation des ressources naturelles –eau et sols surtout– dues à l’usage intensif de pesticides et de fertilisants de synthèse.

Cheptel réduit

Première nouveauté: cette étude accentue la réduction du cheptel bovin (-34% par rapport à 2010 contre -15% pour Tyfa) tout en conservant les prairies permanentes. L’étude accompagne cette baisse de régime par un développement limité et maîtrisé de la méthanisation qui toucherait 18% des prairies et 50% des déjections animales.

Vers la bioénergie

Deuxième apport: la production de bioénergie est introduite, en s'appuyant sur la méthanisation (189 térawattheures).

Meilleure alimentation

L’étude réoriente encore les pratiques alimentaires des Européens, jugées trop riches et déséquilibrées par rapport aux recommandations nutritionnelles de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec, par exemple, une surconsommation de viande de 60%.

Un bémol: les chercheurs Xavier Poux et Pierre-Marie Aubert reconnaissent qu’ils n’ont pas évalué la viabilité économique de leur scénario. Mais une baisse des rendements agricoles de 10% à 50% est à prévoir selon les cultures. La balle est dans le camp des économistes.

 



[1] Tyfa: Ten years for agroecology in Europe

[2] Par rapport à 2010. A noter que TYFA visait 40% de réduction en 2050.

[3] Au moins pendant les 10 première années

 



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