Une agriculture toujours plus énergivore

Le 23 février 2018 par Romain Loury
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Le triomphe des machines
Le triomphe des machines
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En 50 ans, les apports énergétiques aux terres agricoles, que ce soit en fertilisants, en machines ou en carburant, ont augmenté de 137% par hectare au niveau mondial, selon une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

 

Lancée après la deuxième guerre mondiale, la «révolution verte» n’avait de vert que le nom, comme le confirment Pedro Pellegrini et Roberto Fernández, agronomes à l’université de Buenos Aires (Argentine). Les chercheurs ont scruté la base de données FAOSTAT de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), afin d’obtenir un bilan des intrants énergétiques à l’agriculture et des rendements obtenus.

Le boom des engrais azotés

Bilan: pour une production annuelle mondiale qui a triplé entre 1961 et 2014, l’utilisation d’engrais azotés a été multipliée par 9, celle d’engrais potassiques par 5, tandis que le recours aux machines a été multiplié par 2. Bien évidemment avec de fortes variations entre continents: en Asie, la mécanisation a augmenté d’un facteur 41.

2,6% de l’énergie mondiale dépenséeS à la ferme

Au final, et sans compter les pesticides et le travail humain, l’agriculture consomme chaque année 13 exajoules (13 milliards de milliards de Joules), soit 2,6% de la production mondiale d’énergie, contre 5 exajoules en 1961 (4,5% de la production énergétique de l’époque).

Dans le même temps, les surfaces cultivées n’ont augmenté que de 10%. Là aussi, avec de fortes différences d’un continent à l’autre: +111% en Amérique latine, -18% en Europe. En moyenne au niveau mondial, l’apport énergétique a bondi de 137% par hectare depuis 1961.

Un rendement pas toujours favorable

Les chercheurs montrent que le bilan énergétique, à savoir l’énergie investie dans l’agriculture rapportée à celle produite (dans les végétaux), a connu des variations. Pas toujours positives: jusqu’au début des années 1980, les apports augmentaient plus rapidement que le rendement agricole, entraînant une baisse de l’efficacité énergétique de l’agriculture. La tendance s’est depuis renversée, avec un meilleur rendement énergétique, que les chercheurs imputent en grande partie à une production des fertilisants azotés moins énergivore.



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