Une addition salée au BPA

Le 10 août 2010 par Thérèse Rosset
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Le bisphénol A (BPA) refait parler de lui. Une étude commandée par le Groupe de travail environnemental américain (EWG pour l’acronyme anglais) révèle la présence de cette substance sur les reçus et récépissés, type tickets de caisse.

Le BPA a été reconnu par d’autres études comme un perturbateur endocrinien. L’Assemblée nationale a d’ailleurs voté, le 23 juin, une loi interdisant la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché des biberons produits à base de bisphénol (voir JDLE). Le débat sur une interdiction générale de cette substance chimique est repoussé à janvier 2011.

Publiée le 27 juillet, l’étude de l’EWG révèle que 40 % des reçus délivrés par les principales enseignes commerciales américaines contiennent du BPA. Même si certains sortent du lot, tels Target, Starbucks ou Bank of America, dont les tickets sont exempts de la substance toxique, les récépissés de Wal Mart, Safeway, Mac Donald, CVS et du service postal américain ont tous été dépistés positifs au test. Les reçus, collectés dans 7 Etats, ont été analysés par le laboratoire des sciences biologiques de l’Université du Missouri.

Le BPA est utilisé pour la fabrication de papier thermique (dont la surface est imprégnée de substances chimiques, qui permettent son changement de couleur par la chaleur). Ce support se retrouve largement dans les petits commerces, épiceries, stations services, fast-food et distributeurs automatiques.

« Ces résultats ne doivent pas suggérer aux politiques de reporter leur attention sur les tickets de caisse, au détriment de la contamination alimentaire par le BPA », nuance néanmoins l’EWG. 

Mais tout de même. Les taux de bisphénol relevés sont 250 à 1.000 fois supérieurs à ceux observés dans les boîtes de conserve, biberons et autres contenants alimentaires.

Les scientifiques ont réussi à effacer très facilement les traces de BPA sur les tickets. Ce qui prouve que la substance peut facilement migrer sur les mains des personnes manipulant le papier. Les chercheurs ont cependant échoué à déterminer la quantité de BPA susceptible de contaminer le corps humain. Mais que l’on ne s’y trompe pas : l’Autorité de contrôle alimentaire du canton de Zurich en Suisse a établi que le bisphénol peut s’introduire si profondément sous la peau qu’un lavage de mains ne suffit pas à l’en faire partir. La pénétration dans l’épiderme dépend des conditions au moment du contact avec le ticket, elle est 10 fois plus importante si les doigts sont humides ou gras.

Si la menace reste faible pour les consommateurs, il en va différemment pour les vendeurs, dont le corps pourrait receler 30 % de BPA de plus que le reste de la population. « Un employé de commerce peut manipuler des centaines de récépissés contaminés par jour », note Jane Houlihan, vice-présidente de la recherche d’EWG. Environ 7 millions de personnes, c'est-à-dire un employé sur 17, seraient concernés aux Etats-Unis.

Le président de l’EWG, Ken Cook, a d’ores et déjà appelé les compagnies dont les reçus sont riches en BPA, à utiliser un papier non toxique.

 

 



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