Un vitrage solaire qui réchauffe l'eau

Le 10 février 2005 par Claire Avignon
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En collaboration avec l'Insa de Strasbourg, la société Robin Sun commercialise, depuis décembre 2004, un nouveau type de vitrage qui intègre des capteurs thermiques capables de produire de l'eau chaude sanitaire et du chauffage.

Avec l'aide du Conseil régional d'Alsace, Jean-Marc Robin et l'Institut national des sciences appliquées (Insa) de Strasbourg ont développé un nouveau type d'éléments de façade, remplaçant les murs traditionnels, qui mixe isolation et production de chaleur. A une paroi double vitrage avec isolation au krypton s'ajoute un serpentin de cuivre horizontal muni de capteurs solaires qui réchauffent l'eau circulant dans le serpentin. «L'intérêt est triple, explique Bernard Flament, professeur à l'Insa de Strasbourg et développeur du projet. En hiver, le mur transparent sur 40% de sa surface permet de faire passer le rayonnement solaire, donc de la chaleur et de la lumière naturelle. En été, la chaleur est bloquée. On produit en plus de l'eau chaude qui peut servir d'eau chaude sanitaire et de chauffage.» Pour une surface donnée, la puissance et le prix (450 euros hors taxe par mètre carré) d'un "vitrage solaire" sont équivalents à ceux d'un panneau solaire monté verticalement.

«Le système me semble intéressant car il utilise la propriété "effet de serre" du verre, indique Jean-Luc Marchand, délégué général du Syndicat national de la construction, des fenêtres, façades et activités associées (SNFA). Mais il est vrai que le développement de l'énergie solaire est encore faible en France.» D'ailleurs, la société Robin Sun (créée en 2002 par Jean-Marc Robin) concentre ses premiers efforts pour commercialiser son produit sur l'Alsace et l'Allemagne. «Outre notre proximité géographique, ce sont des régions déjà très sensibilisées à l'énergie solaire», indique Bernard Flament. D'ailleurs le Conseil régional d'Alsace a financé la recherche et le développement (R&D) à hauteur de 90.000 euros, le reste du budget total de 280.000 euros, de l'Insa de Strasbourg et de l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe). Actuellement, le produit ne peut pas bénéficier du crédit d'impôt mis en place pour l'achat des installations solaires. «Il nous faut un premier retour d'expérience pour cela», précise le chercheur à l'Insa. Il permettra en outre d'évaluer le confort visuel et thermique ainsi que l'esthétique.

Les études de marché commandées par Robin Sun estiment que le potentiel cumulé en France et en Allemagne atteint 3 à 5 millions de mètres carré d'ici à 2010. D'ailleurs, le vitrier allemand Arnoldt Badischer Glashandel, du groupe Isolar Glas, a soutenu le projet financièrement (25.000 euros) et «en mettant gratuitement à la disposition du projet son nom, son process, son réseau», explique Jean-Marc Robin. Ce sont avant tout les immeubles de bureaux qui sont ciblés. Selon Jean-Luc Marchand, «c'est un bon calcul car les architectes ont déjà l'habitude de travailler avec de larges surfaces vitrées.» Seulement, les bureaux ont généralement besoin de peu d'eau chaude sanitaire. C'est pourquoi les chercheurs et ingénieurs de l'Insa de Strasbourg pensent à intégrer au système une production de froid, donc de climatisation, grâce à la chaleur de l'eau. Mais les particuliers ne sont pour autant pas oublié. «De plus en plus d'habitations ont de grandes baies vitrées orientées sud, explique Bernard Flament. Le vitrage solaire pourrait aussi être installé dans une véranda.»




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