Un village breton refuse un site Seveso

Le 25 juillet 2005 par Christine Sévillano
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usine nature
usine nature

Le conseil municipal du village de La Gravelle, en Bretagne, a voté contre l'implantation d'un site Seveso avant même d'entrer en contact avec son exploitant, en raison de projets d'urbanisation. Ce refus témoigne aussi de craintes concernant les risques chimiques.

Dans la région de Laval (Mayenne), l'histoire a fait grand bruit: La Gravelle, petite commune de 550 habitants, a refusé l'installation d'un entrepôt de la société Deret, qui aurait dû être un site Seveso. L'entreprise n'a jamais pris contact avec le maire et aucune demande ne lui a été formulée, mais les acteurs ont été soumis à une lourde pression en raison de la création de 500 emplois liés à l'installation d'une telle usine. En réalité, le bureau d'études qui s'occupe de l'élaboration de la carte communale de La Gravelle est aussi celui qui est chargé de trouver une implantation favorable au futur site Seveso de l'entreprise de logistique Deret.

La Gravelle présente les conditions recherchées par l'entreprise, un terrain aménageable d'au moins 60 hectares proches de l'autoroute et d'un échangeur. Le bureau d'études, sans avancer le nom de l'entreprise, présente la possibilité de cette implantation au maire de la commune. Mais le conseil municipal tranche: c'est non. «Le périmètre de sécurité du site Seveso nous empêchait de poursuivre notre urbanisation, alors même que nous avons des projets de construction, notamment des lotissements dans les 500 mètres du lieu où aurait dû se situer l'usine», explique Jean-Paul Schoemann, le maire de La Gravelle. L'établissement d'un site Seveso nécessite en effet un périmètre sur lequel il est interdit de construire, de 500 mètres pour les sites Seveso seuil bas et de 800 à 1.500 mètres pour les sites Seveso seuil haut, selon la nature et la dangerosité des produits stockés. Autre argument du maire: l'entrepôt aurait pu se trouver dans la zone des captages qui alimentent en eau la ville voisine de Vitré en Ille-et-Vilaine.

Le maire et son conseil ont la possibilité de refuser l'implantation d'un site Seveso en mettant en avant leurs projets d'urbanisation. Toutefois, le préfet peut passer outre la décision municipale pour l'imposer. Ce vote est presque une première, selon certains observateurs qui notent que, depuis l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001, les communes sont plus frileuses quand elles voient s'installer un site Seveso. Mais dans la majorité des cas, les élus parviennent à expliquer à leurs administrés les bénéfices de telles implantations. «A La Gravelle, nous avons eu des difficultés à envisager les éléments positifs comme la création d'emplois. Nous ne pouvons pas lutter contre le sentiment d'insécurité des gens face aux risques chimiques et par conséquent à la dévaluation de l'immobilier», conclut Jean-Paul Schoemann.




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