Un tissu urbain désorganisé évacue mieux la chaleur

Le 16 mars 2018 par Romain Loury
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New York, un tissu urbain "cristallin"
New York, un tissu urbain "cristallin"
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L’effet «îlot de chaleur urbain» n’est pas qu’une question de parcs arborés: l’organisation du tissu urbain y joue aussi un rôle important, montre une étude franco-américaine publiée dans les Physical Review Letters. Plus ce tissu est «liquide», plus la chaleur s’évacue facilement.

Avec le réchauffement climatique, certaines grandes villes, dont la température est parfois de 10°C supérieure à celle des campagnes, pourraient devenir de vrais étouffoirs. La question semble enfin prise en compte par les municipalités, mais le plus souvent sous l’angle de la végétalisation ou de la création d’espaces lacustres.

Or comme le montre une étude menée par l’équipe de Roland Pellenq, directeur de l’unité mixte internationale MSE (CNRS/MIT/Aix-Marseille université)[i], la nature du tissu urbain joue un rôle majeur dans cet effet îlot de chaleur.

Cristal ou liquide?

L’équipe s’est penchée sur une cinquantaine de villes mondiales (focalisant principalement son analyse sur les 22 américaines), dont elle a analysé les relevés de température nocturne en fonction du tissu urbain, en particulier son degré d’organisation.

Ainsi Chicago, Manhattan (New York) et Miami présentent un centre-ville très organisé, surtout constitué de grandes avenues perpendiculaires, évoquant aux physiciens l’aspect d’un «cristal». A l’inverse, Seattle et Boston sont de nature «liquide», avec un tissu urbain moins prévisible, plus aléatoire.

Des poches d’air

Bilan: «plus une ville est ordonnée, plus elle garde de la chaleur», explique Roland Pellenq, contacté par le JDLE. L’explication en est simple: lorsque le vent souffle dans les grandes avenues, l’air se réfugie dans les avenues perpendiculaires (abritées du vent), y constituant des poches d’air stagnantes. A l’inverse, un tissu urbain «liquide» offre moins d’abri face au vent.

Des dépenses importantes

Selon Roland Pellenq, cet effet est loin d’être négligeable: la Floride subirait ainsi un surcoût de 400 millions de dollars par an, en climatisation, du seul fait de cet effet îlot de chaleur urbaine. A l’inverse, le Massachusetts économiserait environ 200 millions de dollars par an.



[i] MSE: Multi-ScaleMaterials Science for Energy and Environment; CNRS: Centre national de la recherche scientifique; MIT: Massachusetts Institute of Technology

 



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