Un tiers des oiseaux nicheurs de France en danger d’extinction

Le 29 septembre 2016 par Marine Jobert
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Le Milan Royal, classé "quasi menacé".
Le Milan Royal, classé "quasi menacé".
©Christian Aussaguel / LPO

C’est un recensement très inquiétant pour les oiseaux métropolitains qui vient d’être publié: 32% des espèces nicheuses sont en danger d’extinction. Cause principale de ces effondrements: les pratiques agricoles.

(Sur)vivre en France devient un exercice périlleux pour les quelque 284 espèces d’oiseaux nicheurs recensées sur le territoire métropolitain. Huit ans après une première évaluation[1], l’actualisation de la liste rouge des oiseaux nicheurs (ici et ici) donne à voir une situation «préoccupante et aggravée»: un tiers des effectifs sont menacés aujourd’hui, contre un quart en 2008. Un chiffre à mettre en regard de la tendance mondiale, avec 12% des oiseaux menacés d’extinction.

L’agriculture coupable

Electrocution sur les lignes à haute tension, dérangement des sites de reproduction du fait des activités récréatives, raréfaction des proies, tirs au fusil ou empoisonnements… Le changement climatique joue –et jouera de plus en plus- un rôle dans ces difficultés pour les populations à se maintenir. Mais si les causes du dévissement des populations de 92 espèces sont multiples, c’est surtout l’action des agriculteurs qui est en cause, avec la conversion de terres d’élevage en cultures intensives, les fauches précoces et fréquentes, l’utilisation de pesticides réduisant les populations d’insectes, le retournement des prairies et le recul des jachères. Le nombre d’espèces classées ‘Quasi menacées’ a presque doublé en l’espace de 8 ans, à l’image de l’Alouette des champs, emblématique du déclin des oiseaux associés aux milieux agricoles.

Peut-on appeler cela une bonne nouvelle dans ce contexte consternant? Le statut de la Spatule blanche, un échassier, a évolué de ‘Vulnérable’ à ‘Quasi menacée’. Certains rapaces, comme le Vautour moine et l’Elanion blanc, bénéficient d'une amélioration de statut grâce à une dynamique favorable.

Le Bruant en danger

Cette dégradation affecte principalement les passereaux, comme le Verdier d’Europe ou le Chardonneret élégant, dont les effectifs ont drastiquement chuté en 10 ans. Le Bruant des roseaux et la Fauvette pitchou, nouvellement menacés, ont quant à eux vu leur statut passer de ‘Préoccupation mineure’ à ‘En danger’. D’autres groupes sont également concernés: les oiseaux marins, les limicoles comme la Bécassine des marais et les galliformes comme le Lagopède alpin. Le Bruant ortolan, toujours capturé illégalement, montre également une tendance marquée au déclin et se trouve classé ‘En danger’.

Sombre espoir

Les institutions et associations qui réalisent ces inventaires inquiétants disent toutefois garder confiance –contre toute évidence?- dans la protection apportée par la loi de 1976, «qui a permis d’interdire progressivement la destruction de nombreuses espèces et de favoriser le développement d’espaces protégés». Elles en appellent au renforcement de l’action publique et à la mobilisation des réseaux associatifs, «essentiels pour répondre à l’urgence de la situation et écarter le risque de voir disparaître à l’avenir des oiseaux de notre territoire». 

 



[1] Menée par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Muséum national d’histoire naturelle, en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Société d’études ornithologiques de France et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 



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