Un tiers des écoliers respirent un air vicié en cours

Le 04 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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L'air des classes des écoles primaires françaises est pollué par des particules fines et du dioxyde d'azote (NO2), ainsi que par trois composés organiques volatiles connus pour leurs effets toxiques sur le système respiratoire: le formaldéhyde, l’acétaldéhyde et l’acroléine; des produits contenus dans les colles, les plastiques, les produits d'entretien, les vernis, les peintures, etc. Ils peuvent provoquer rhinites, maux de tête, nausées, irritations de la peau et des yeux. Or non seulement les enfants du primaire respirent ces molécules chimiques, mais de surcroît celles-ci les rendent malades.

C'est ce que révèle une étude française menée par l’Inserm[1] sur des enfants de 9 et 10 ans dans 401 classes de 108 écoles primaires réparties dans 6 villes: Créteil (Val-de-Marne), Reims (Marne), Strasbourg (Bas-Rhin), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Bordeaux (Gironde) et Marseille (Bouches-du-Rhône). Elle a été publiée le 21 mars dernier dans la revue internationale Thorax, dépendantes du British Medical Journal (BMJ).

Globalement, on estime qu’en France environ 30% des élèves du primaire sont exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Un constat particulièrement préoccupant pour des enfants qui passent, en période scolaire, près de 6 heures par jour dans leur salle de classe. Les enfants sont plus sensibles à la pollution par le fait qu’ils sont plus petits de taille et qu’ils possèdent une fréquence respiratoire plus élevée que les adultes.

L’intérêt de ce travail piloté par Isabella Annesi-Maesano (Inserm) est d’avoir complété l’étude par une enquête médicale approfondie comprenant notamment un bilan respiratoire. Parmi les 9.600 enfants examinés, elle révèle que 13% d'entre eux montrent des signes d'allergie et 32% des signes de réactions allergiques aux tests cutanés. «S'ils sont dans une atmosphère polluée, les premiers risquent d'avoir plus de symptômes et les seconds risquent de devenir allergiques», a expliqué Isabella Annesi-Maesano au journal Le Figaro.

Une partie des polluants présents à l'intérieur des classes sont dus à la pollution atmosphérique. Les particules très fines (PM 2,5) sont produites par le trafic routier, (camions, bus et voitures diesel, dominantes en France). Elles sont mauvaises pour la santé car elles pénètrent profondément dans les poumons. L'oxyde d'azote, également issu du trafic automobile, peut provoquer des inflammations du système respiratoire.

Le seul moyen d’éviter l’inhalation de ces polluants est d’installer une ventilation adaptée aux volumes d’air à filtrer. «Nous n'avons trouvé aucune école aux normes. Même si certaines avaient une ventilation, celle-ci ne marchait pas», déplore la scientifique de l’Inserm. Elle regrette de n'avoir pas pu mesurer les taux de CO2 au cours de cette étude, ce qui aurait permis de juger de la qualité de l'aération des salles de classe.

A noter qu’il faudra attendre janvier 2018 pour voir obligatoire la surveillance des 56.000 établissements scolaires français, selon le décret du 4 décembre 2011 relatif à la surveillance de la qualité de l'air intérieur dans les établissements recevant du public.

Enfin, une étude européenne avait déjà montré que la plupart des salles de classe sont remplies de moisissures aux effets allergènes reconnus (Pediatric Allergy and Immunology, décembre 2011).

 



[1] Inserm: Institut national de la santé et la recherche médicale

 



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