Un tiers des consommateurs confondent DLC et DLUO

Le 18 septembre 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une distinction nécessaire comme mesure anti-gaspi?
Une distinction nécessaire comme mesure anti-gaspi?

Plus de 30% des consommateurs ne connaîtraient pas la différence entre date-limite de consommation (DLC) et date-limite d’utilisation optimale (DLUO), selon une étude belge publiée dans la revue Food Control.

La nuance est pourtant de taille: la DLC («à consommer avant») a trait à la sécurité, principalement microbiologique, de l’aliment, tandis que la DLUO («à consommer de préférence avant») n’indique qu’une baisse de qualité, nutritionnelle ou sensorielle. Ne pas connaître la différence peut exposer, d’une part, à un risque d’intoxication alimentaire, de l’autre, à un gaspillage superflu lorsque la DLUO est encore récente.

Or nombreux seraient les consommateurs à n’avoir qu’une idée approximative de ces deux notions, révèle l’enquête menée par Sigrid Van Boxstael, du Laboratoire de microbiologie alimentaire et conservation des aliments de Gand (Belgique) et ses collègues. Parmi les 907 personnes, flamandophones, interrogées sur internet, ils n’étaient que 69,6% à connaître la nuance.

Dans la pratique, seuls 49,3% avouent tenir compte de cette différence lorsqu’ils doivent déterminer si un aliment est encore consommable ou non. De manière générale, les consommateurs s’appuient en premier lieu sur l’aspect physique ou l’odeur d’un aliment (82,5%), devant la date indiquée (qu’il s’agisse d’une DLC ou DLUO, 67,5%) et son goût (50,4%).

Une DLC pour tous les produits réfrigérés?

Afin de lever la confusion dans l’esprit du public, les auteurs recommandent d’assigner à tous les produits réfrigérés une DLC. Une mesure qui, certes, aurait quelques bénéfices en termes de sécurité des aliments, mais dont l’efficacité quant au gaspillage est loin d’être garantie: l’ambiguïté serait levée pour les produits non réfrigérés (céréales, riz, chocolat, biscuits), mais entraînerait probablement un rejet accru de produits laitiers réfrigérés, dont les fromages, qui disposent actuellement d’une DLUO.

La DLUO est de longue date critiquée par les associations, qui dénoncent sa fréquente confusion avec la DLC. En France, le premier plan national contre le gaspillage alimentaire, annoncé en juin, prévoit de supprimer la mention DLUO sur les emballages à partir de janvier 2015, seule celle «à consommer de préférence avant» restant autorisée (voir le JDLE).

Selon un rapport publié le 11 septembre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le gaspillage concerne environ un tiers de l’alimentation mondiale, dont 31% à 39% au niveau de la vente au détail et du consommateur dans les pays à revenu élevé ou intermédiaire (voir le JDLE).



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus