Un tiers de terres agricoles en moins autour des villes en 10 ans

Le 22 avril 2013 par Marine Jobert
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Les ceintures vivrières sont en régression.
Les ceintures vivrières sont en régression.
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C’est une tendance peu encourageante pour les municipalités qui ont l’ambition de réinstaller une ceinture vivrière, voire maraîchères, autour de leur ville:  les surfaces agricoles autour des zones urbaines -14 % des exploitations et 9 % de la superficie agricole utilisée (SAU)- disparaissent encore plus vite que sur l’ensemble du territoire. Entre 2000 et 2010, les centres urbains ont perdu 31 % de leurs exploitations[1], contre 26 % pour l’ensemble du territoire métropolitain. «Cette tendance devrait se poursuivre au cours des années à venir car les exploitations des pôles [urbains] sont davantage concernées par les problèmes de succession», peut-on lire dans l’étude qui vient de paraître sous la plume de l’Agreste, le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’agriculture. Car non seulement un nombre plus élevé d’agriculteurs arrivent en âge de partir en retraite, mais en plus, 21% d’entre eux n’ont pas de successeur (contre 16% au plan national). Une situation qui ne favorise pas pour autant les jeunes agriculteurs: la pression foncière et l’intérêt d’autres agriculteurs pour des terres à bon rendement rendent leur installation par trop onéreuse.

 

En 10 ans, la SAU a fondu de 3% au plan national, avec 900.000 hectares avalés «en grande partie (…) pour l’urbanisation, le développement d’activités économiques non agricoles et la construction de nouvelles infrastructures». Le phénomène a été deux fois plus prégnant dans les zones urbaines: «le phénomène d’artificialisation des terres se poursuit, malgré le renforcement des règles d’urbanisme de plus en plus soucieuses du maintien des espaces naturels et agricoles dans les zones urbanisées», indique Agreste. Les exploitations agricoles en proximité des zones urbaines n’ont pas échappé au phénomène national d’agrandissement des exploitations par ‘absorption des terres’, mais à un rythme bien moins soutenu: la SAU moyenne par exploitation est de 55 hectares en 2010 (soit 13 hectares de plus qu'en 2000), alors qu’elle atteint 35 hectares en 2010 (soit 9 hectare de plus qu’en 2000) près des pôles urbains. Un phénomène très contrasté selon le type de cultures, les grandes cultures régressant plus dans ces zones qu’au plan national.

 

Si les maraîchers étaient proportionnellement plus nombreux en zone urbaine, leur nombre y a fortement chuté: - 36 % en dix ans, soit autant que les exploitations d’élevages herbivores. «La SAU des exploitations maraîchères a progressé sauf dans les pôles, en raison essentiellement de la diminution rapide du nombre d’exploitations. Celle des exploitations viticoles ou fruitières recule de 6 à 12 % selon l’éloignement des zones vis-à-vis des pôles.» Le développement des paniers, des Amap et autres marchés de proximité, très visibles, ne semblent pas avoir entravé une tendance de fond: «dans les pôles, la part des maraîchers en circuit court est plus faible que dans les autres zones, contrairement aux autres productions», note Agreste. «Ceci est probablement dû à une plus grande pratique de la vente de légumes dans les marchés de gros par les maraîchers les plus anciennement implantés dans les grands pôles urbains». En clair, les maraîchers qui demeurent près des villes écoulent leur production par d’autres biais.

 

Ces phénomènes sont à nuancer selon les régions. Les surfaces agricoles des aires urbaines de la côte méditerranéenne, du couloir rhodanien et du sud-ouest sont particulièrement touchées. Comme dans le Languedoc-Roussillon, où de nombreuses vignes ont été arrachées (perte de 12.600 ha à Perpignan, 7.700 ha à Montpellier). Dans les régions Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne et en Corse –où les aires urbaines sont moins grandes- la SAU des exploitations a progressé, bien que faiblement.



[1] Calcul établi pour des unités urbaines d’au moins 1.500 emplois, selon la classification retenue par Agreste.

 



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