Un tiers de la population mondiale déjà en manque d’eau

Le 06 août 2019 par Stéphanie Senet
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Vente d'eau en Mauritanie.
Vente d'eau en Mauritanie.
VLDT

 

Aujourd’hui, 44 pays dans le monde sont confrontés à un stress hydrique élevé ou extrêmement élevé, selon le rapport publié le 6 août par le World Resources Institute (WRI). Soit plus d’un tiers de la population mondiale.

Chaque année, le stress hydrique s’accroît à travers le monde, notamment sous l’effet du réchauffement climatique. Pour évaluer son étendue, le think tank américain WRI a classé les pays en quatre catégories: stress extrêmement élevé (supérieur à 80% des ressources), élevé (entre 40 et 80%), moyennement fort (20 à 40%), moyennement faible (10 à 20%), et bas (inférieur à 10%).

Sans surprise, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les continents les plus fortement touchés. Le classement Aqueduct 2019 révèle un stress hydrique extrêmement élevé au Qatar, Israël, Liban, Iran, Jordanie, Libye, Koweït, Arabie Saoudite, Erythrée, Emirats arabes, Saint-Marin (Europe), Bahreïn, Inde, Pakistan, Turkménistan, Oman et Botswana. Ce qui représente un quart de la population mondiale (1,7 Md).

140 millions d’Européens

Mais l’Europe, au-delà du micro-Etat montagneux de Saint-Marin (centre-nord de l’Italie), doit aussi faire face à un stress hydrique «élevé». Après la principauté d’Andorre (21ème position), la Belgique affiche le risque le plus fort (23ème) devant la Grèce (26ème), l’Espagne (28ème), l’Albanie, le Portugal (41ème), et l’Italie (43ème). Soit une population d’environ 140 millions de personnes sur le vieux continent. La France arrive à 59ème place sur 165, avec un stress jugé «moyennement élevé».

Manque d’eau et eau de mauvaise qualité

Pour parvenir à ces résultats, le WRI a étudié le stress hydrique au plan quantitatif (disponibilité des eaux de surface et des eaux souterraines, risques de sécheresse et d’inondation), qualitatif (eaux usées non traitées, risque d’eutrophisation) et en termes d’accès (eau non potable, absence de toilettes), en s’appuyant sur des données couvrant la période 1960-2014.

Bien sûr, les pays ne sont pas touchés de la même façon sur la totalité de leur territoire. Ainsi en Inde, 13ème pays au monde le plus stressé au plan hydrique,  9 régions sont particulièrement dans le rouge : Chandigarh, Haryana, Rajasthan, Uttar Pradesh, Pendjab, Gujarat, Uttarakhand, Madhya Pradesh, Jammu-et-Cachemire.

Dans toutes ces zones, une chose est sûre: le stress hydrique accentue les risques de conflit et de migration, de pénurie pour les industries, et d’insécurité alimentaire. Ce qui pousse de plus en plus de villes ou régions à imaginer un scénario du jour zéro, comme Le Cap (Afrique du Sud) au printemps 2018.



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