Un tiers d’oiseaux en moins à la mangeoire: le printemps 2013 en accusation

Le 20 décembre 2013 par Marine Jobert
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Les gros-becs se font rares  la mangeoire.
Les gros-becs se font rares la mangeoire.
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C’est une estimation, nourrie des observations réalisées par les naturalistes du quotidien: les oiseaux des jardins sont bien moins nombreux, cet hiver, à venir se nourrir aux mangeoires que garnissent généreusement les ornithologues amateurs. Un tiers des mésanges, pinsons, tarins, et autres gros becs ne se seraient pas présentés cette année. Face à l’afflux d’appels, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a pris la plume pour tenter d’expliquer les raisons de cette désertion.

 

La LPO avance deux raisons principales: une reproduction compromise par les mauvaises conditions météorologiques du printemps 2013 et un début d'hiver plutôt clément et doux dans le Nord de l'Europe. «Les conditions météorologiques du printemps dernier ont fortement affecté la reproduction de nombreuses espèces d'oiseaux et ont retardé la disponibilité alimentaire, indispensable à la nidification et au succès de la reproduction», écrit l’association.

 

Une explication que confirme le naturaliste Marc Giraud au Journal de l’environnement. «Les nichées ont échoué, car elles ont éclos en décalage avec l’apparition des chenilles, qui apparaissent à des moments très précis. Or celles-ci sont essentielles pour l’équilibre nutritionnel des petits, car pleines de protéines.» Un oiseau vous manque et tout est dépeuplé… «Cette absence de chenilles entraîne une baisse du nombre de mésanges, et donc des éperviers qui les chassent, etc.: cela produit une réaction en chaîne dans la faune», explique l’écrivain[1].

 

Printemps pluvieux… Automne clément… les oiseaux qui ont habituellement déjà migré depuis le nord de l’Europe jusque sous nos latitudes jouent les prolongations. Au risque de compromettre la reproduction de l’année 2014… «Et si la saison est à nouveau précoce, les migrateurs pourraient arriver trop tard, les chenilles seront déjà écloses et il y en aura moins pour les migrateurs», craint Marc Giraud.

 

Le climat perturbé –et donc les récoltes et les éclosions plus tardives- auront décalé la pénurie alimentaire. «Les mauvaises conditions météo ont décalé de deux à quatre semaines les récoltes, notamment de tournesol, en France. Ainsi, la présence de graines dans les champs mais aussi les baies et fruits des haies ont permis aux oiseaux de trouver de la nourriture durant l'automne, pouvant ainsi retarder l'arrivée des oiseaux vers les mangeoires. La douceur automnale a permis aussi aux populations d'insectes de se maintenir plus longtemps.»

 

La LPO incite à participer à l'Observatoire des oiseaux des jardins, un dispositif national lancé en 2012, conjointement par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris et la LPO. Objectif: mieux évaluer les populations d'oiseaux communs, les effectifs de certaines espèces connaissant une régression importante. Ces collectes pourront confirmer si effectivement les oiseaux sont moins nombreux cette année et permettre éventuellement d'en trouver la ou les causes.

 

 

 

 



[1] Auteur de la «Nature en bord de chemin», chez Delachaux et Niestlé.

 



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