Un tiers d’éléphants en moins en 10 ans

Le 01 septembre 2016 par Romain Loury
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Un million d'éléphants au début du 20ème siècle
Un million d'éléphants au début du 20ème siècle

Les pachydermes de savane africains ont perdu près d’un tiers de leurs effectifs entre 2007 et 2014, principalement du fait du braconnage, révèlent de nouvelles estimations publiées mercredi 31 août dans la revue PeerJ. Selon ce comptage, le plus important jamais mené, le continent compterait environ 350.000 éléphants.

Voilà qui devrait nourrir les débats lors de la 17ème conférence des parties (CoP17) de la Cites[i], qui se tendra du 24 septembre au 5 octobre à Johannesburg (Afrique du Sud). Parmi les propositions examinées, le transfert de l’éléphant de savane (Loxodonta africana) de l’annexe 2 à l’annexe 1 de la convention, plus stricte en matière de conservation des espèces.

La situation des éléphants est en effet des plus urgentes, comme le révèlent les résultats du Great Elephant Census, le comptage le plus exhaustif jamais effectué sur cette espèce. Financé à hauteur de 7 millions de dollars par Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft (avec Bill Gates), ce projet portait sur 21 pays africains, dont 18 analysés[ii] dans l’étude publiée mercredi 31 août dans PeerJ.

Menée par survol aérien (près de 295.000 km parcourus en 1.573 heures de vol), l’étude estime à 352.271 le nombre d’éléphants dans les 18 pays examinés, ce qui représenterait au moins 93% du nombre total d’individus qui y résident effectivement. C’est au Botswana qu’on en trouve le plus (environ 130.000), devant le Zimbabwe (82.000), la Tanzanie (43.000), le Kenya (26.000), la Zambie (22.000) et l’Afrique du Sud (17.000).

Une chute de 8% par an

Si l’espèce, qui comptait un million d’individus au début du 20ème siècle, a connu une embellie entre les années 1990 et le début des années 2000, les experts confirment que la situation s’est nettement dégradée ces dernières années: entre 2010-2014, les effectifs ont fondu de 8% par an, avec 144.213 éléphants de moins en 2014 par rapport à 2007. A ce rythme, les effectifs africains chuteront de moitié tous les neuf ans. Parmi les pays plus touchés, l’Angola, le Mozambique et la Tanzanie.

Bien que 84% des éléphants observés vivent dans des réserves protégées, celles-ci semblent loin d’être efficaces. Rapporté au nombre total d’individus (vivants ou morts), le taux de carcasses est en effet similaire à celui observé dans les zones non protégées, de 12% contre 13,2%, suggérant dans les deux cas une mortalité plus élevée que la natalité.

Nul doute, le braconnage est bien la première cause de ce déclin. Au cours de leurs opérations, les chercheurs ont ainsi repéré pas moins de 201 camps de braconniers. D’autres menaces existent, notamment la forte croissance démographique de plusieurs de ces pays, qui devrait exacerber les conflits entre l’homme et l’animal, accusé de piétiner les cultures.

Au rang des rares bonnes nouvelles, certaines populations d’éléphants se portent bien, avec parfois une croissance des effectifs, notamment en Afrique du Sud, Ouganda, certaines régions du Malawi et du Kenya, ainsi que dans la zone W-Arli-Pendjari -une vaste zone protégée entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, où résident les 8.911 derniers éléphants d’Afrique de l’ouest.



[i] Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction

[ii] La Namibie a refusé de coopérer à l’étude. Les données de la République centrafricaine et du Soudan du Sud ne seront connues qu’en fin d’année, un retard dû aux conflits en cours dans ces pays.

 



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