Un tanker en feu au large de la Chine

Le 09 janvier 2018 par Stéphanie Senet
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Le Sanchi a pris feu après avoir percuté un cargo
Le Sanchi a pris feu après avoir percuté un cargo

A environ 300 kilomètres des côtes orientales chinoises, le pétrolier iranien Sanchi est en feu depuis le 6 janvier, après avoir éperonné un cargo chinois. La totalité de l’équipage est porté disparu.

 

L’heure est aux incertitudes. «Les risques pour l’environnement dépendront beaucoup de l’évolution de l’incendie qui ravage le Sanchi», résume Christophe Rousseau, directeur adjoint du Centre français de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre).

La combustion des condensats[1] génère une pollution atmosphérique qui présente des risques pour les équipes de secours. «Selon la littérature scientifique, les émissions sont composées à 75% de dioxyde de carbone, à 20% de suies et de particules, à 3% de monoxyde de carbone et pour le reste d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et surtout d’ hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)», note Christophe Rousseau. Selon le représentant du Cedre, ce scénario est «le moins pire pour le milieu marin, même si le nuage présente évidemment des risques sanitaires».

 

Risque de marée noire

Autre hypothèse: le navire battant pavillon panaméen, appartenant à la National Iranian Tanker Company, explose. Dans ce cas, il risque de couler et de répandre ses 136.000 tonnes de condensats et ses résidus de combustion dans le milieu marin. Il se trouve actuellement à 300 kilomètres au large de Shanghaï, au milieu du détroit qui mène à la Corée. «Tout dépendra de la quantité déversée et des caractéristiques des condensats, qui peuvent être plus ou moins proches d’hydrocarbures légers ou du kérosène. Il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur d’une potentielle marée noire», affirme Christophe Rousseau.

Par ailleurs, les 32 membres de l’équipage du pétrolier sont tous portés disparus. Un corps repêché le 8 janvier pourrait être celui de l’un des marins, indique le ministère chinois des transports. 13 bateaux spécialisés chinois et sud-coréens, aidés par des hélicoptères de l’US Navy, mènent actuellement des recherches dans une zone de 3.000 kilomètres carrés autour du lieu de l’accident

Long de 274 mètres, le pétrolier a percuté le 6 janvier un cargo chinois (le CF Crystal), battant pavillon hongkongais, qui convoyait 64.000 t de céréales américaines vers la Chine. Ses 21 membres d’équipage ont tous été secourus.



[1] Les condensats sont un mélange léger d’hydrocarbures servant essentiellement de base à la pétrochimie ou pour la production d’essence.

 



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