Un sursis pour le loup ?

Le 23 septembre 2010 par Célia Fontaine
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Deux arrêtés « anti-loup », pris respectivement par les préfets des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence ont été suspendus, le 22 septembre, par le juge des référés du tribunal administratif de Marseille. A l’origine de la demande de suspension, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), pour qui «  il est bien connu, et reconnu par tous les spécialistes de cette espèce, que tuer un, ou des loups d’une meute ne peut que conduire à la désorganisation de cette dernière et augmenter par conséquent les dommages ».

Le premier de ces arrêtés, en date du 31 août, avait ordonné un « tir de prélèvement » (qui n’est rien d’autre qu’un permis de tuer) en vue de la protection des troupeaux domestiques contre la prédation du loup. «  Les troupeaux ovins des communes de Saint-Etienne-en-Dévoluy et d'Agnières-en-Devoluy continuent à subir des attaques de loup, malgré l'ensemble des mesures mises en œuvre, et, notamment les tirs de défense assurés par les éleveurs et par les lieutenants de louveterie à proximité des troupeaux », indiquait la préfecture des Hautes-Alpes dans son communiqué du 1 er septembre dernier. Mais pour le juge des référés, il y a « un doute sérieux » quant à la légalité de cet arrêté.

Il semblerait que le texte ait été pris sans que, sur le terrain, des mesures suffisantes de protection des troupeaux aient été appliquées... A la préfecture, la décision passe mal. D’autant plus que deux nouvelles attaques ont eu lieu les 9 et 10 septembre derniers, portant à 113 le nombre de moutons perdus.

Rappelons que, pour la période 2007-2013, le Plan de développement rural hexagonal (PDRH), co-financé par l’Union européenne, propose au moins 4 mesures pour protéger le bétail des attaques du prédateur. Les parcs de regroupement mobiles électrifiés, les parcs de pâturage de protection renforcée électrifiés, les chiens de protection et l’aide au gardiennage. Combinées, ces mesures sont plus efficaces. En outre, les techniciens des directions départementales de l’agriculture et de la forêt (DDAF) appuient les éleveurs pour mettre en œuvre ces mesures.

Le second arrêté, émanant de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, a été appliqué le 3 septembre dernier. 14 lieutenants de louveterie et 15 chasseurs, tous sous le contrôle de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont donc été à l’affût du loup dans le massif du Parpaillon/Ubaye, sans pour autant parvenir à abattre la bête. Selon le communiqué de la préfecture, le prélèvement était justifié car les troupeaux avaient connu cette année «  une augmentation exceptionnelle des dommages ». Malgré les « mesures de protection des troupeaux et d'effarouchement » mises en œuvre par les éleveurs, le tribunal administratif suspend l’arrêté car celui-ci aurait été pris trop rapidement, «  sans que des tirs de défense aient été préalablement autorisés », comme le prévoient pourtant les dispositions administratives en la matière.

Selon l'ONCFS, il y aurait 220 loups sur l'ensemble du territoire, essentiellement sur l'arc alpin, mais aussi dans le Massif central et les Pyrénées. L’Aspas demande qu'un protocole national soit mis en place pour évaluer l'efficacité des mesures de protection pour chaque troupeau avant de recourir à l’abattage d’un loup.



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