Un solvant de substitution aux Etats-Unis

Le 17 février 2006 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Aux Etats-Unis, Lyondell propose un nouveau solvant qui ne correspond pas à la définition habituelle de composé organique volatil (COV). Les autorités étudient ses impacts environnementaux et sanitaires.

Fin janvier, le Air ressources board de Californie a publié un rapport nommé «Evaluation de l'impact environnemental de l'acétate de butyle tertiaire». Cette molécule, mieux connue sous le nom de TBAC, est commercialisée par Lyondell. Le groupe chimique le présente comme un solvant «unique» puisqu'il ne dégage pas de COV. Ces composés sont dangereux pour la santé humaine de manière directe -ils peuvent être cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR)- et indirecte puisqu'ils sont précurseurs d'ozone. En novembre 2004, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a exempté le TBAC de la liste des COV soumis à une restriction d'utilisation par leurs utilisateurs. Une victoire essentielle pour que Lyondell réussisse à imposer son produit. Toutefois, la Californie, l'un des Etats les plus importants en termes économiques, n'avait pas encore suivi l'exemption fédérale. C'est chose faite suite aux conclusions du rapport. Celui-ci reste tout de même prudent sur les risques environnementaux liés aux produits.

«Il n'est pas attendu qu'une utilisation croissante du TBAC augmente la formation d'aérosols organiques secondaires, l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique, ou contribue au réchauffement climatique», est-il indiqué dans le rapport. Il en est de même pour les risques potentiels liés aux eaux de surface et aux sols. Les calculs du Air ressources board de Californie ont estimé à 24 le nombre de COV qui pourraient être remplacés par le TBAC, qu'il s'agisse de produits de consommation, de revêtement, ou utilisés dans la construction automobile. L'ensemble de ces utilisations pourrait permettre une réduction de la formation d'ozone troposphérique, très problématique en Californie.

Cependant, le rapport stipule qu'«un sujet d'inquiétude existe». En effet, le TBAC pourrait entraîner un risque de cancer pour les humains à cause de sa conversion métabolique en tert-butyl alcool (TBA). En outre, par manque d'information on ne peut conclure à l'absence de toxicité du TBAC sur le milieu aquatique. Prudents, les auteurs encouragent les autorités californiennes à «déterminer si, oui ou non, l'utilisation du TBAC dans certains produits entraînerait une exposition inacceptable.» Un exemple qui montre que la substitution des substances chimiques dangereuses, comme cela sera le cas lors de la mise en place du règlement Reach (1) en Europe, n'est pas une opération simple à évaluer.



(1) Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus