Un Snit mort-né?

Le 21 novembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Cinq jours avant l’ouverture du salon des maires et des collectivités locales, à Paris, le gouvernement a fait un geste à destination des élus locaux. Jeudi 17 novembre, le ministère des transports a rendu public le projet de schéma national des infrastructures de transport (Snit), un serpent de mer que nombre d’édiles n’espéraient plus.
 
Et pour cause. Les premières versions du Snit ont été conçues avant la survenue de la crise financière. Et il est à craindre qu’un pays soucieux de conserver la notation maximale des agences ne puisse plus investir les 245 milliards d’euros, sur 25 ans certes, que requiert la réalisation de ce schéma.
 
«Le contexte durable de tension sur les finances publiques et sur la dette souveraine empêche toute perspective d’endettement supplémentaire de l’Etat, des collectivités territoriales mais aussi des gestionnaires publics d’infrastructure. […] Il sera donc nécessaire de concilier le Snit avec la trajectoire de retour à l’équilibre des finances publiques et de procéder à des choix dans la réalisation des actions qui y sont proposées», avancent les rédacteurs du document.
 
Avec pareil contexte, l’objectif affiché par l’article 10 de la loi Grenelle II (réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre des transports entre 1990 et 2020) risque d’être très difficile à atteindre.
 
Déjà soumis à concertation, le rapport esquisse les 30 prochaines années de politique des transports. Il prévoit notamment 28 projets ferroviaires, portant sur 4.000 kilomètres de lignes nouvelles, 1 projet de développement portuaire, 3 voies d’eau à grand gabarit. Mais le gouvernement n’en est pas à une contradiction près. Et bien que l’argent manque déjà et que la réduction de l’empreinte carbone des transports soit l’une des plus difficiles qui soit, c’est tout naturellement qu’il prévoit la construction de 28 projets routiers.
 
Au total, le Snit représente 245 milliards d’euros d’investissements, dont 140 milliards en développement et 105 milliards de dépenses d’optimisation des réseaux. Au minimum. Ce total ne comprend pas, par exemple, le projet de rocade par métro automatique du Grand Paris (prévoir une vingtaine de milliards supplémentaires).
 
Mais après tout, cela n’a guère d’importance. Car le Snit de novembre 2011 ne sera probablement pas réalisé. Le document prévoit que l’Etat, exsangue, prenne à sa charge 88 Md€ et les collectivités environ 56 Md€. Dans l’idéal. Car, même les rédacteurs du Snit ne se font guère d’illusion: «En se fondant sur les observations passées, on peut estimer que 60% environ des dépenses de développement pourraient avoir été engagés dans les 20 à 30 prochaines années».
 
Le Snit est actuellement examiné par le Conseil économique, social et environnemental, lequel devrait rendre son avis d’ici février 2012. Une fois le schéma arrêté, le gouvernement initiera «une démarche de programmation sur 5 ans afin de définir les premières priorités sur lesquelles l’Etat pourra s’engager.» Qui va piano va sano.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus