Un raid antarctique pour préciser la hausse du niveau des mers

Le 24 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Des carottes de glace ont été prélevées dans les zones arides
Des carottes de glace ont été prélevées dans les zones arides
Joël Savarino

Une équipe de chercheurs français et italiens va préciser l’impact de la hausse des précipitations et de l’accumulation de neige sur la fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique. Une information précieuse pour évaluer la montée du niveau des mers.

900 mètres de carottes de glaces pesant près de 6 tonnes et des centaines d’échantillons de neiges. Voici la précieuse collecte de l’expédition EAIIST (East Antarctic International Ice Sheet Traverse), réalisée du 7 décembre au 23 janvier sur le haut plateau du continent blanc. Cinq scientifiques du CNRS, de l’université de Grenoble et de collègues italiens ont parcouru 1.318 kilomètres entre la base Concordia et le pôle Sud, par des températures de -25°C à -45°C.

Compensation partielle

«Selon le rapport du Giec sur les océans et la cryopshère, il existe de grandes incertitudes sur la hausse du niveau des mers. Le vêlage, c’est-à-dire la perte de glace par formation d’icebergs, pourrait en effet être en partie compensé par la hausse des précipitations et de la couverture neigeuse. Ce qui ralentirait la hausse du niveau des mers. C’est cette hypothèse que voulons vérifier», explique Joël Savarino, chercheur CNRS à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) de Grenoble, lors d’une conférence de presse réalisée en duplex, le 23 janvier, depuis la base Concordia. «Si on se place dans le cadre du scénario optimiste RCP 8.5 du Giec, la hausse d’une vingtaine de centimètres du niveau des mers d’ici à 2100 pourrait être réduite de 7 centimètres par la hausse des précipitations», complète Vincent Favier, physicien à l’IGE.

Zones très arides

«Nous avons des données sur le pourtour de la calotte glaciaire, sur la côte, mais nous avions très peu d’informations sur l’intérieur du continent. C’est pourquoi l’expédition a ciblé les zones très arides que sont les mégadunes et les surfaces vitrées», précise Jérôme Chappellaz, directeur de l’institut polaire français.

6 à 12 mois de travaux

Les chercheurs doivent encore s’armer de patience. Acheminées par voie maritime, les carottes glaciaires n’arriveront en France qu’en mai. Suivront de 6 à 12 mois d’analyses. Leurs conclusions sur l’évolution de la couverture neigeuse devraient donc être livrées à partir de la fin de l’année. Juste à temps pour figurer dans le prochain rapport du Giec.

Fin de l’épisode glaciaire. Deux ans après sa nomination, Ségolène Royal a été officiellement démise, ce 24 janvier, de sa fonction d’ambassadrice des pôles. Ses critiques à l’égard du Président et du gouvernement lui avaient valu un avertissement, le 7 janvier, du quai d’Orsay. En novembre dernier, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire sur l’utilisation «des moyens et des fonds» mis à la disposition de Ségolène Royal, en tant qu’ambassadrice et ministre de l’Environnement.