Un quart du territoire parisien pourrait absorber la pluie

Le 08 juin 2020 par Stéphanie Senet
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En bleu, les zones de l'espace public qu'il est possible de désimperméabiliser
En bleu, les zones de l'espace public qu'il est possible de désimperméabiliser

Dans un atlas publié fin mai, l’atelier parisien d’urbanisme (Apur) a recensé le potentiel de désimperméabilisation de la capitale. Résultat : près d’un quart du territoire permettrait d’absorber une partie des eaux de pluie.

«Chaque goutte d’eau qui ne rejoint pas le réseau d’assainissement est une goutte d’eau qui peut être utile à l’arrosage, au nettoyage, au rafraîchissement, à la beauté et à la poésie du paysage urbain», rappelle l’atelier parisien d’urbanisme (Apur).

Aujourd’hui, Paris compte seulement 1.454 hectares de surfaces perméables sur ses 18 bassins versants, selon les photographies infra-rouges réalisées par l’Apur en 2015. Soit 17,8% de leur surface totale. Ils appartiennent en grande majorité à l’espace privé (92%) et de façon marginale à l’espace public (5%), à travers les ronds-points végétalisés, jardinières, pieds d’arbres plantés et continus ainsi que les talus. L’espace restant (3%) est occupé par les bois.

23% du territoire

Supérieur, le potentiel de désimperméabilisation s’élève à 1.895 ha, soit 23% du territoire parisien, selon la nouvelle estimation de l’atelier. Dont 269 ha d’espace public : pieds d’arbres, reconversion de places de stationnement, mutation de lieux singuliers (voierie non aménagée, impasses et rues piétonnes, etc) et opérations de débitumage. Exemple récent, le réaménagement de la Place de la Nation, à Paris, a permis de désimperméabiliser 4.600 mètres carrés (16% de la place) l’an dernier. Pour le reste, l’Apur a identifié 1.643 ha d’espace privé.

Plan ParisPluie

La capitale est la première collectivité française à avoir prescrit l’abattement des premiers millimètres de pluie dans le cadre de son plan ParisPluie, adopté en mars 2018. Selon les zones, l’infiltration est obligatoire dès qu’il tombe 4, 8, 12 ou 16 millimètres de pluie en 24h. Objectifs: limiter les risques de débordement des stations d’épuration et les rejets dans la Seine et, plus largement, réduire la pollution du milieu naturel.

Ses moyens restent toutefois insuffisants selon France Nature Environnement Paris. «C’est comme si on plaçait une éponge sur un toit, résume Christine Nedelec, sa présidente. En pratique, ce nouveau plan permet aussi d’artificialiser des espaces dans les Bois de Boulogne et de Vincennes au prétexte que ceux-ci retiendraient 16 mm de pluie. Il y a un réel décalage entre la politique de communication de la ville et les nombreux projets de bétonisation en cours».