Un projet d’avenir post-nucléaire pour Fessenheim

Le 01 février 2019 par Romain Loury
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La centrale nucléaire de Fessenheim
La centrale nucléaire de Fessenheim
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Le ministre de la transition écologique François de Rugy et sa secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon ont signé, vendredi 1er février, le projet d’avenir du territoire de Fessenheim (Haut-Rhin).

Engagement de campagne d’Emmanuel Macron, la mise à l’arrêt des réacteurs nucléaires de la centrale de Fessenheim, en service depuis 1977, aura lieu d’ici l’été 2020. Pour éviter la chute économique, un comité de pilotage installé en janvier 2018 a élaboré un projet d’avenir, signé vendredi 1er février à Volgelsheim par François de Rugy, Emmanuel Wargon, les représentants des collectivités territoriales françaises et allemandes, ainsi que le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

Accompagner les salariés et les sous-traitants

Ce projet repose sur 4 axes, dont le premier porte sur l’emploi dans la communauté de communes Pays Rhin-Brisach. Projet phare, la future zone d’activités EcoRhena, située au nord de la centrale, accueillera sur 220 hectares des activités industrielles, portuaires et fluviales.

Cette stratégie devrait bénéficier en 2019 d’un fonds d’amorçage de 10 M€, plus 20 M€ afin d’accompagner les projets. Elle sera pilotée par une société d’économie mixte (SEM), créée d’ici l’été et dont le protocole d’intention a également été signé vendredi 1er février. Elle comptera des actionnaires allemands et français, ces derniers regroupant la communauté de communes Pays Rhin-Brisach, le conseil régional d’Alsace, le conseil départemental du Haut-Rhin, la commune de Fessenheim, EDF, la chambre de commerce et d’industrie et la Banque des territoires –une direction de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC). L’Etat y sera représenté.

Autre volet, l’accompagnement des salariés d’EDF, avec priorité donnée par l’entreprise au redéploiement de ceux de Fessenheim sur l’ensemble des unités du parc nucléaire. Quant aux sous-traitants permanents, une cellule d’accompagnement personnalisé (CAP) est mise en place depuis le 1er janvier jusqu’à un an après l’arrêt de la production, afin d’aider chacun à s’orienter vers un nouveau projet professionnel.

Deuxième axe du projet d’avenir, celui de la mobilité, qui touche le triangle Colmar-Mulhouse-Fribourg –cette dernière ville se situant en Allemagne. Visant à améliorer la desserte du territoire et même à en faire une «vitrine des transports de demain», il prévoit notamment la réouverture de la ligne ferrée Colmar-Fribourg, interrompue en 1945 par la destruction d’un pont ferroviaire.

Photovoltaïque et décarbonation

Concernant l’ensemble du Haut-Rhin, l’axe 3 visera à «faire du territoire un modèle de transition vers une nouvelle ère écologique». Mesure phare, l’appel d’offres lancé mercredi 23 janvier par le gouvernement pour la réalisation de centrales photovoltaïques, à hauteur de 200 mégawatts (MW) de capacités au sol, 75 MW de grandes installations sur toiture et 25 MW de petites installations, pour un investissement total de l’Etat de 250 millions d’euros sur 20 ans.

Toujours pour le Haut-Rhin, l’axe 4 vise à faire du département une vitrine de la décarbonation des territoires et des industries. Parmi les actions évoquées par le ministère, le soutien à la recherche et à la formation aux compétences d’avenir (avec création d’un «hub d’innovation» dans le domaine des énergies bas carbone), l’émergence de projets innovants et la mise en place de pilotes industriels.



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