Un projet d’accord de Paris aujourd'hui à 13 h

Le 08 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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L'un des groupes de contact en plein travail.
L'un des groupes de contact en plein travail.

Faute de résultats tangibles, Laurent Fabius accélère le rythme de négociations.

La journée de mardi 8 décembre aurait dû aller de l’avant. Dans la matinée, l’optimisme était pourtant de mise. «On voit que ça avance (…) aucun sujet n’est bloqué», se félicitait Laurence Tubiana, ambassadrice de France au climat. Constat partagé par la Fondation Nicolas Hulot (FNH), dont le porte-parole Matthieu Orphelin affirmait que «les parties ont l’air contentes»: «A priori ça avance», non seulement en séance mais aussi «beaucoup en bilatéral».

Objectif en vue

Un sujet en progrès rapide: les financements. «On s’est beaucoup rapproché de l’objectif des 100 milliards de dollars» (92 Md€), que les pays industrialisés se sont engagés à verser annuellement à partir de 2020 aux pays du Sud. Pour FNH, qui a scruté les annonces faites depuis le début de la COP 21, le compte se situerait actuellement autour de 85 Md$: à 15 milliards de la cible fixée à Copenhague.

Reste à savoir qui devra mettre la main à la poche: les pays développés, en particulier les Etats-Unis, souhaitent que la Chine et autres émergents s’engagent, avançant la notion de «pays en position de le faire» («potodoso» en jargon de négociateurs). Le groupe G77 + Chine militent pour que prévalent les responsabilités historiques, ce qui restreindrait le financement à la quarantaine de pays inscrits sur l’annexe 1 du protocole de Kyoto (dont la France).

Le seul de 1,5°C tient la corde

L’objectif à long terme s’annonçait aussi en bonne voie, de l’aveu de l’ambassadrice. Le Climate Vulnerable Forum (CVF), coalition de pays les plus à risque face au réchauffement, a continué pourtant à camper sur sa position d’un réchauffement ne dépassant pas 1,5°C –soit 0,5°C au-dessus du niveau actuel. Si les chances d’y parvenir sont des plus faibles, ces pays reconnaissent que «c’est certes très ambitieux, mais [que] ce n’est pas impossible: nous devons élever le niveau de notre ambition», estime Emmanuel de Guzman, commissaire philippin au changement climatique.

En début de soirée, les facilitateurs ont fait le point sur l’avancée de leurs travaux, lors de la seconde réunion, nocturne, du comité de Paris. Les ministres gabonais et allemand ont souligné des avancées sur la mise en œuvre, «mais pas encore d’accord», a précisé Jochen Flasbarth. Même rythme de tortue sur le très délicat sujet de la différenciation: «Il apparaît clairement que nous devons continuer à travailler, car nous ne sommes pas prêts à présenter un texte définitif», a commenté sobrement un délégué brésilien.

Des zones d’atterrissage

James Fletcher dit les choses différemment. En charge avec son collègue norvégien de l’organisation des discussions ayant trait à l’ambition, le ministre de l’environnement de Sainte-Lucie a été très clair: «Nous avons identifié des zones d’atterrissage». L’une d’entre elles, a complété son compère Tine Sundtoft, porte sur l’objectif à long terme. Et, ô surprise, le seuil de 1,5°C semble désormais faire consensus. De même que le rythme quinquennal de révision des politiques climatiques nationales, ainsi que des objectifs à court et moyen terme.

Les progrès ont été moindres dans le groupe dédié à l’accélération des actions précoces (avant 2020). «Il y a quelques convergences», s’est risqué Pa Jarju Ousman, le ministre gambien.

Co-facilitateur de l’aréopage consacré à l’adaptation, les pertes et les dommages, René Orellana n’est pas non plus très optimiste: «Nous avons besoin de réunions supplémentaires», concède le ministre bolivien de l’environnement. Gros problème sur les responsabilités et les compensations «qui restent une ligne rouge» pour bien des pays, confirme sa consœur suédoise Asa Romson.

Moral et forêts

Le moral remonte avec les forêts, groupe dirigé, il est vrai, par trois ministres. «Il y a des convergences qui me permettent d’espérer un compromis», risque Daniel Vicente Ortega Pacheco, de l’Equateur. Pour son retour dans les négociations, le Canada ne fait pas de miracle. En charge de la coopération, des approches et des mécanismes, Catherine McKenna indique que les participants s’écharpent encore sur le nombre de mécanismes à créer. Ambiance. Pas plus de résultats concrets sortiront des groupes consacrés aux mesures de riposte, au contrôle du respect des dispositions. Sans oublier l’équipe de rédacteurs du préambule, seulement constitué mardi après-midi.

Inquiet du peu de productivité de la journée, le président de la COP a pris le taureau par les cornes. Laurent Fabius a annoncé la publication d’une nouvelle mouture de pré-accord mercredi 9 décembre à 13 heures. Basée sur la version présentée le 5 décembre, elle comprendra aussi les propositions des facilitateurs. Les parties disposeront alors de 4 heures pour réagir, a prévenu le ministre français des affaires étrangères. L’objectif final restant d’adopter l’accord définitif vendredi 11 à 18 heures, heure de Paris, bien sûr.



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