Un probiotique contre l’intolérance au gluten

Le 16 avril 2014 par Romain Loury
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De nouveau possible grâce à l'élafine?
De nouveau possible grâce à l'élafine?
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Des chercheurs ont découvert une piste thérapeutique d’intérêt contre l’intolérance au gluten, reposant sur une bactérie probiotique exprimant une protéine faiblement présente chez ces patients, lors de travaux publiés dans l’American Journal of Gastroenterology.

 

Nom de cette protéine: l’élafine. On la savait déjà sous-exprimée chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), dont la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Or elle l’est également dans l’intolérance au gluten, nous apprend l’étude menée par Heather Galipeau, de la McMaster University de Hamilton (Canada), et ses collègues [1].

A partir d’échantillons de biopsie, les chercheurs montrent dans un premier temps que l’élafine, de la classe des inhibiteurs de protéase, est beaucoup moins exprimée chez les personnes atteintes d’une intolérance au gluten. Or elle s’avère capable d’interagir avec la transglutaminase-2, responsable de la mauvaise dégradation du gluten.

Un probiotique GM déjà efficace contre les Mici

Les chercheurs ont alors recouru à un probiotique génétiquement modifié, en l’occurrence du Lactobacillus lactis exprimant l’élafine: mise au point par les chercheurs français impliqués dans cette nouvelle étude, cette bactérie s’était avérée très efficace chez des souris atteintes de Mici, lors d’une étude publiée fin 2012 (voir le JDSA).

Une fois encore, l’élafine libérée par ce probiotique permettait de diminuer la réaction inflammatoire de souris atteintes d’une intolérance au gluten. «Cette stratégie, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet en mai 2013 par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), ouvre des perspectives inégalées» contre l’intolérance au gluten et la maladie cœliaque qui en découle, estime l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

«La prévalence de la maladie est estimée entre 1/500 et 1/300 et aucun traitement curatif n’est actuellement disponible sur le marché; la seule solution étant un régime sans gluten à vie», rappelle l’institut.

[1] Parmi eux, des chercheurs français de l’Inserm (unité 1043, Centre de physiopathologie de Toulouse-Purpan) et de l’Inra (UMR1319, Jouy-en-Josas), ainsi que des chercheurs suisses, américains et argentins.



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