Un prêt de la Banque mondiale suscite la controverse

Le 09 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comme prévu, la Banque mondiale a accordé, jeudi 8 avril, un prêt de 3,75 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) à l’Afrique du Sud. Une première depuis la fin de l’Apartheid en 1994 ! L’essentiel de cette manne servira à boucler le financement de la centrale électrique de Medupi, en cours de construction par Alstom Power. A bien des points de vue, cette installation est hors norme. Avec 4.800 MW de puissance totale installée, elle sera la plus puissante centrale thermique au charbon du continent et l’une des plus importantes delaplanète. Seshuit blocs permettront d’accroître de 12% la production nationale d’électrons. Ce qui devrait soulager l’électricien Eskom qui a bien du mal à répondre à une demande croissante.

 Contestée par les ONG environnementales, la décision de la Banque mondiale a aussi fait l’objet d’âtres discussions en interne. Lorsqu’elle sera achevée, vers 2015, l’installation devrait relâcher 35 millions de tonnes de gaz carbonique par an, alourdissant de 8% le bilan carbone sud-africain. Cela n’a pas échappé aux actionnaires de la Banque mondiale qui se demandent, dès lors, comment Pretoria pourra respecter son engagement climatique (-34% de gaz à effet de serre d’ici à 2020, par rapport à une tendance non contrainte). Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas se sont d’ailleurs abstenus lors du vote final. Une réticence toute diplomatique. Dans une note du 14 décembre dernier, le secrétariat américain du Trésor indique ne plus vouloir financer que des centrales émettant peu ou pas de carbone. Tout le contraire d’une centrale au charbon aussi puissance que trois EPR.

 Pour sa défense, la Banque mondiale souligne que pour le même prix, aucune autre technologie n’est capable de produire autant d’électricité en Afrique du Sud. La banque multilatérale souligne aussi que quelques mesures de compensation sont prévues. Le prêt financera aussi la construction de fermes éoliennes (100 MW) et de centrales photovoltaïques (100 MW). Cette compensation apparaît d’autant plus faible que Eskom prévoit de doubler sa capacité de production (80.000 MW) d’ici à 2026. Un parc qui, compte tenu de la géologie locale, restera majoritairement au charbon.

 



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