Un premier plan contre la maladie de Lyme

Le 29 septembre 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La tique Ixodes ricinus
La tique Ixodes ricinus

Le ministère de la santé a annoncé, jeudi 29 septembre, le lancement d’un premier plan contre la maladie de Lyme et les autres maladies transmissibles par les tiques. Un acte très attendu par les associations, qui déploraient un manque de reconnaissance des patients.

Touchant 26.000 personnes de plus chaque année en France (selon les autorités sanitaires), dont la moitié en Alsace, la borréliose de Lyme est liée à une infection par la bactérie Borrelia burgdorferi, transmise par la piqûre d’une tique infectée –principalement Ixodes ricinus en Europe.

De symptômes divers (érythèmes, maux de tête, douleurs articulaires, insomnie, paralysie faciale, etc.), elle se soigne bien en cas de prise en charge rapide, par une prise d’antibiotiques, mais devient de plus en plus difficile à traiter par la suite.

Au grand dam des patients, souvent condamnés à l’errance thérapeutique, elle fait encore l’objet de controverses dans la communauté médicale. En cause, les difficultés de diagnostic: certains avancent qu’elle est surdiagnostiquée, d’autres que son impact est au contraire très sous-évalué.

Autant dire que le plan, annoncé fin juin par le ministère, était très attendu par les associations. «C’est un travail de longue haleine, mais au final le plan nous semble aller assez loin. Reste à voir dans quelle mesure il sera appliqué», a déclaré Anne Jourdan, présidente de l’association France Lyme, évoquant la mise en place de groupes de travail pour le suivi du plan.

Diagnostic et traitement

Du côté des patients, le plan prévoit une amélioration du diagnostic, dont une évaluation des kits déjà disponibles sur le marché, ainsi qu’une mise en place d’une prise en charge unifiée des patients. Est ainsi évoquée la préparation d’un protocole national de diagnostics et de soins (PNDS), qui fixera les lignes directrices du traitement en France.

La Haute autorité de santé (HAS) a par ailleurs été saisie en juin afin d’évaluer l’opportunité d’inscrire la maladie de Lyme parmi les affections de longue durée, au même titre que le cancer, le diabète ou le VIH/sida.

Prévention et surveillance

En matière de prévention, le plan prévoit la mise en place d’une information à l’orée des forêts et des sentiers de randonnée, ainsi que des actions locales d’information du public. «Il faut que les promeneurs soient bien informés du risque, afin qu’ils pensent à en parler à leur médecin s’ils ont été piqués, mais également que les médecins soient formés», autre mesure prévue par le plan, indique Anne Jourdan.

Le ministère souhaite par ailleurs élaborer une cartographie du risque et de la répartition des tiques en France. En matière de lutte contre le tique, seront conduites des évaluations des mesures de lutte anti-prolifération et de l’efficacité des répulsifs.

Outre la maladie de Lyme, les tiques peuvent transmettre de nombreuses maladies, telles qu’encéphalites et rickettsioses. D’autres pourraient bientôt s’y ajouter: en août, l’Espagne a enregistré ses premiers cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo, maladie mortelle jusque-là cantonnée à l’Afrique, au Moyen-Orient, à l’Asie et aux Balkans. Or son principal vecteur, Hyalomma marginatum, s’est récemment implanté dans le sud de la France.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus