Un premier décès rappelle la nécessité de prévenir le risque canicule au travail

Le 20 juillet 2006 par Laure Pollez
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Mardi 18 juillet au soir, un ouvrier de 53 ans est décédé après sa journée de travail, victime selon toute vraisemblance, d’hyperthermie. Ce coup de chaleur a eu lieu alors que toutes les dispositions légales semblent avoir été prises, selon les inspecteurs du travail.

L’entreprise aurait mis à disposition eau, réfrigérateur, salle de repos en locaux rafraîchis… Cet intérimaire avait commencé sa mission dans l’entreprise de transformation de granulats enenrobés le matin même, à 7 heures. Il n’avait pas travaillé les jours précédents, mais il s’agissait d’un ouvrier expérimenté, qui avait validé tous les tests d’aptitude en 2005. Une enquête de l’inspection du travail est en cours, diligentée à la demande du ministre chargé du travail Gérard Larcher .

Dans un communiqué commun, les ministères en charge de la santé et du travail rappellent que le code du travail fait «obligation à l’employeur d’évaluer a priori les risques et ainsi que de prendre des mesures d’information, de prévention et de protection de la santé des salariés». Dans la cas du risque canicule, une telle obligation de résultat est particulièrement délicate à remplir. Comme l’explique Christine Yaël Ganem, médecin conseil à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) car l’évaluation du risque met beaucoup de facteurs en jeu, notamment des facteurs propres à chaque individu. Il convient d’abord de faire le point sur la pénibilité du travail (selon les 4 niveaux de la norme ISO 89-96, de différencier les secteurs d’activité les plus exposés (BTP, travaux agricoles…) et enfin (surtout) d’identifier les facteurs de risque propres à chacun (âge, corpulence, entraînement physique, acclimatement, antécédents médicaux, traitements médicamenteux, diabète, prise de toxiques…). Autant dire que le risque canicule est très difficile à prévenir au niveau collectif. En plus des précautions basiques rappelées ces derniers jours (1), deux règles d’or s’appliquent : informer les salariés des risques et être attentifs à tout signe d’alerte (vertiges, étourdissements, crampes…) en cultivant la vigilance mutuelle.

Dans une nouvelle circulaire diffusée jeudi, le ministère rappelle que «le risque «fortes chaleurs» doit être pris en considération dans le cadre de l’évaluation des risques et se traduire par un plan d’actions prévoyant des mesures correctives possibles». Le médecin du travail peut être sollicité pour établir un document à afficher dans l’entreprise (ou sur le chantier) en cas d’alerte météorologique. Il a d’ores et déjà été demandé à l’inspection du travail d’intensifier cet été son action de sensibilisation des employeurs.


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