Un porte-conteneurs géant en perdition en mer d’Oman

Le 21 juin 2013 par Marine Jobert
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Le porte-conteneurs, sur le point de se rompre en 2 morceaux.
Le porte-conteneurs, sur le point de se rompre en 2 morceaux.
DR

Sa coque s’est brisée en deux lors d’un coup de tabac. C’était le 17 juin dernier et depuis, les deux parties du MOL Comfort –qui transportait l’équivalent de 8.000 conteneurs standards et faisait route de Singapour vers Djeddah (Arabie saoudite)- dérivent en mer d’Oman, l’une des plus fréquentées au monde. Une patrouille en partance des Emirats arabes unis devrait arriver sur les lieux le 24 juin. Les 26 membres d’équipage ont été évacués. La composition de la cargaison, dont une partie est tombée à la mer, n’a pas été rendue publique.

 

«La rupture d’un navire quasiment neuf entré en exploitation en 2008 confirme la fragilité de ces géants des mers et justifie une fois de plus les inquiétudes des experts après de sévères événements comme celui du MSC Flaminia l’été 2012», pointe Robin des bois. L’association écologiste rappelle que près de 600 porte-conteneurs d’une capacité d’emport au moins égale à 8.000 conteneurs sillonnent actuellement les mers du globe et qu’en 2015, il y en aura une trentaine d’une capacité de 18.000 conteneurs. François Hollande a d’ailleurs inauguré à Marseille le plus gros porte-conteneurs du monde au début du mois –le CMA CGM Jules Vernes: 396 mètres de long et 54 m de large, avec une capacité de 16.000 conteneurs équivalents 20 pieds. Un titre que devrait bientôt lui ravir un armateur danois, qui mettra en service 20 navires d’une capacité de 18.000 conteneurs équivalents.

 

«Plus les bateaux sont grands, plus les armateurs et surtout les chargeurs sont gagnants. A l’inverse, la sécurité et l’environnement sont perdants.» Robin des bois s’inquiète à la fois du devenir du carburant contenu dans la soute (aucune fuite n’a été signalée pour l’heure), mais aussi des conséquences que pourrait avoir la cargaison tombée à l’eau sur l’écosystème marin. «Il suffit d’un incident survenu sur un avion récent pour que la série entière soit immobilisée aussi longtemps que la cause n’est pas identifiée et que les mesures de remédiation ne sont pas mises en œuvre», remarque l’association. C’est pourquoi, «redoutant qu’un événement analogue à celui qui a coupé en deux le MOL Comfort ne survienne sur l’un de ses ‘sister-ships’[1]», elle demande solennellement aux autorités publiques[2] en charge, à des niveaux différents, de la gestion du problème, d’immobiliser provisoirement à quai ces bateaux, ou d’en suspendre les autorisations de naviguer dans les zones économiques exclusives des différents Etats sous leur tutelle.

 



[1] Le MOL Comfort est l’un des 6 navires construits par le même chantier japonais en 2007 et en 2008.

[2] le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale; les responsables des délégations à l’Organisation maritime internationale de l’Iran, du Yémen, du Sultanat d’Oman, des Emirats arabes unis, du Pakistan, de l’Inde, du Japon, d’Egypte, des Bahamas (pavillon du MOL Comfort); le président de la Compagnie Mitsui OSK Lines; le commissaire aux transports de l’Union européenne; le commissaire à l’environnement de l’Union européenne; le Premier ministre du Japon; le ministre des transports français.

 

 



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