Un plan de sauvetage de la haute mer

Le 24 juin 2014 par Stéphanie Senet
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La pêche en haute-mer représente 12% des captures mondiales
La pêche en haute-mer représente 12% des captures mondiales

Présenté ce 24 juin à New York, le rapport de la commission Ocean Mondial prône 8 recommandations pour stopper le pillage de la haute mer, dont la disparition des subventions étatiques aux carburants d’ici 2020.

Créée en février 2013 pour analyser les menaces pesant sur la haute mer, qui couvre 64% de la surface totale océanique, la commission Ocean Mondial est composée d’anciens chefs d’Etat, de ministres et de chefs d’entreprise.

Selon ce document, 18 pays cautionnent le pillage de la haute mer en subventionnant l’achat de carburant des flottes de pêche. Parmi ces «pillards»: l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon. Représentant un peu plus de 12% des captures mondiales, la pêche pélagique contribue à la surpêche et dépend, pour l’essentiel, des subventions publiques pour assurer son équilibre économique. Il s’agit d’un des principaux facteurs de déclin de la haute mer.

Parmi les autres raisons, la Commission Ocean Mondial s’est focalisée sur la demande croissante de ressources (poissons, pétrole et gaz), les avancées technologiques (pour l’extraction des minerais ou la pêche en eaux profondes), la surcapacité des navires de pêche, le changement climatique et la pollution par les plastiques, sans oublier l’absence de gouvernance.

Les règles émises par les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP), par exemple, ne sont applicables qu’à leurs Etats membres, qui disposent de compétences très limitées pour intercepter les navires suspectés de pêche illégale.

 

Une nécessaire gouvernance mondiale

La structure indépendante formule 8 recommandations. A commencer par la création d’un objectif onusien de développement durable dédié à l’océan, sur le modèle des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Un groupe de travail des Nations unies, co-présidé par la Hongrie et le Kenya, y travaille et devrait présenter ses propositions à l’assemblée générale du mois de septembre. Au programme: une protection accrue des zones vulnérables, l’éradication de la pêche illégale, l’élimination des subventions énergétiques et la réduction de la production de déchets marins.

Il est aussi recommandé d’étendre la ratification de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) –ratifiée par 166 Etats- ainsi que l’accord onusien sur les stocks de poissons. Les ORGP doivent aussi être évalués et complétés par des organisations régionales de gestion des océans (ORGO). Un conseil de l’océan mondial pourrait compléter ce dispositif, avec le pouvoir de demander des comptes aux exploitants actuels de la haute mer.

 

Disparition programmée des subventions aux carburants

Pour réduire la surcapacité des navires de pêche, première étape, les subventions à la pêche seront publiées, avec l’idée de les éliminer progressivement en 5 ans.

Contre la pêche non déclarée et non réglementée, l’objectif est d’étendre l’obligation d’enregistrement aux navires de pêche pélagique et d’interdire le rejet de poissons en mer.

Pour réduire les déchets, seules des mesures gouvernementales d’interdiction et d’incitation pourront réduire l’utilisation de plastiques à usage unique.

Enfin, la Commission Ocean Mondial estime que l’exploration pétrolière offshore doit impérativement faire l’objet d’une convention internationale spécifique précisant les responsabilités et les indemnisations en cas de préjudice.



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