Un peu vert, le plan de relance US

Le 27 mars 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Donald Trump déclare l'état d'urgence sanitaire.
Donald Trump déclare l'état d'urgence sanitaire.
WH

Doté de plus de 2.000 milliards de dollars, le Stimulus Plan, qui doit définitivement être adopté ce vendredi 27 mars, soutient le secteur des énergies renouvelables.

 

Une fois de plus, ce sont les Etats-Unis qui frappent le plus fort. Après plusieurs jours de négociations entre le Sénat (à majorité démocrate) et la Maison blanche[1], un faramineux plan de relance de l’économie a été conclu, le 25 mars. Ce Stimulus Plan est impressionnant. Il prévoit le déblocage de 2.200 milliards de dollars (2.005 milliards d’euros, soit environ 10% du PNB). Cette manne servira à relancer la consommation (250 Md$ seront versés aux ménages), à soutenir les PME (350 Md$), à financer les assurances-chômage (250 Md$) et à refinancer la dette d’entreprises en difficulté (500 Md$).

800 pages

Quelques mesures concernent de près ou de loin l’environnement. A commencer par le climat. Le texte de 800 pages ne prévoit pas, malgré les demandes pressantes des compagnies d’acheter du pétrole pour soutenir la production locale et les foreurs US sévèrement touchés par la guerre des prix déclenchée, par l’Arabie saoudite et la Russie. La Maison blanche prévoyait pourtant de consacrer 3 milliards de dollars à l’achat de barils pour alimenter les réserves stratégiques et soutenir les cours du brut américain. Peine perdue. Même déveine pour l’industrie de la croisière touchée de plein fouet par la crise sanitaire et que le président Trump avait pourtant désigné comme un candidat naturel aux aides fédérales.

Soutenues par Boeing, les compagnies aériennes décrochent, en revanche, un soutien de 58 milliards de dollars (dont la moitié sous forme de prêts). C’est exactement le montant demandé par les entreprises. Les sénateurs démocrates souhaitaient que le versement de cette aide soit conditionné à un engagement à réduire de moitié en 30 ans les émissions de CO2 du secteur. Sans succès.

coups de pouce aux renouvelables

Le texte allonge aussi les aides fiscales à l’implantation de fermes solaires et de parcs éoliens. Il sécurise notamment 43 milliards de dollars (39 Md€) d’investissements éoliens, se félicite l’association américaine de l’énergie éolienne (AWEA).

L’industrie solaire est plus à la peine. Avec le confinement dans plusieurs Etats fédérés et l’arrêt des chantiers, la Solar energy industries association (SEIA) s’attend à ce que la moitié des 250.000 salariés de l’industrie solaire US se retrouve prochainement sur le carreau. Des travailleurs qui pourront bénéficier des aides pour les chômeurs prévues par le plan.

14 milliards de dollars devraient aussi tomber dans l’escarcelle de la Commodity Credit Corporation, une agence fédérale en charge de la stabilisation des prix des denrées agricoles. Cette manne sera certainement utilisée pour soutenir les prix du maïs et de l’éthanol, très touchés par la baisse de la consommation de carburants.[2].

Les constructeurs de véhicules électriques se satisfont de la prolongation des aides à l’achat des voitures. Aides qui pourraient être remises en question si certains constructeurs du groupe General Motors ne produisaient pas, comme demandé par la Maison blanche, des respirateurs pour les hôpitaux.

 



[1] Le texte devait être approuvé par la Chambre des représentants le 27 mars.

[2] Le maïs est une matière première à la fabrication de l’éthanol qui est utilisé en mélange dans le supercarburant.