Un peu d’écologie dans la biodiversité?

Le 14 mai 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'Hôtel de Roquelaure, solution aux inquiétudes de l'Irstea?
L'Hôtel de Roquelaure, solution aux inquiétudes de l'Irstea?
DR

Difficile journée que ce mercredi 14 mai, pour parler de biodiversité. Entre le bilan de la qualité de l’air francilien, le rapport Chanteguet sur l’écotaxe, une réunion à l’élysée sur la transition énergétique et le rapport du Conseil économique, social et environnemental (Cese) sur l’adaptation aux changements climatiques, un séminaire du quai d’Orsay sur le sommet climatique de Paris en 2015, les journalistes «Environnement» ne savaient plus où donner de la tête.

C’est malheureusement ce jour-là qu’avaient choisi —il y a longtemps— les dirigeants de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) pour présenter les savoir-faire de l’ex-Cemagref en matière de biodiversité.

Savoir-faire scientifique, cela va sans dire. Depuis des décennies, ses scientifiques, techniciens et ingénieurs travaillent sur des sujets aussi divers que l’intégration de la biodiversité par les forestiers, les services écosystémiques rendus par les milieux naturels, l’évaluation de l’action publique en matière de biodiversité. Autant de sujets-phares (re)présentés à quelques semaines de la publication officielle du projet de loi sur la biodiversité.

L'oubliée de la stratégie française?

Mais derrière ce discours, un brin corporate, se cache une véritable inquiétude. Celle d’être un peu l’oubliée de la stratégie française. La future loi prévoit notamment la création d’une agence française pour la biodiversité (AFB), laquelle regroupera l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et l’établissement public Parcs nationaux de France. A l’instar de l’Ademe[1] pour la maîtrise de l’énergie ou la gestion des déchets, l’AFB sera le bras séculier de l’état, en général, et du ministère de l’écologie en particulier, dans les affaires de «biodiv». Et l’Irstea dans tout ça? C’est précisément la question que se posent ses dirigeants.

Basé à Antony (Hauts-de-Seine), l’institut n’est pas rattaché au ministère de l’écologie, pourtant force motrice en la matière. Ses tutelles restent les ministères de la recherche et de l’agriculture. Or l’heure est aux restrictions. Et, comme chaque ministre, Benoît Hamon et Stéphane Le Foll devront tailler dans leurs budgets. «Nos tutelles sont sous de fortes contraintes. Et si leurs crédits baissent, cela deviendra difficile d’embaucher», reconnaît l’un des dirigeants de l’Irstea.

Une nouvelle tutelle?

Et les recherches sur la biodiversité sont rarement l’affaire de quelques mois. Mais plus d'un tiers des chercheurs qu’emploie l’institut (soit 200 personnes environ) le sont dans le cadre de doctorats, de post-doc et de contrats à durée déterminée. «Résultat, nous sommes régulièrement en train d’embaucher de nouveaux venus que l’on doit former pour qu’ils deviennent opérationnels», explique ce dirigeant. Une perte de temps pour les «salariés» et une perte de motivation pour tous ceux qui partent. Pour rationnaliser cette gestion des ressources humaines, certains militent pour un rattachement de l’Irstea au ministère de l’écologie. «Il n’est pas normal que nous travaillions beaucoup pour lui sans qu’il exerce de tutelle sur nous», poursuit notre dirigeant.



[1] Ademe: Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus