Un pétrole pas cher devrait favoriser la fiscalité écologique, selon Bruno Léchevin

Le 27 janvier 2016 par Yves Leers
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Fabrice Boissier et Bruno Léchevin, directeur et président de l'Ademe
Fabrice Boissier et Bruno Léchevin, directeur et président de l'Ademe
Yves Leers

La baisse des prix du pétrole serait une bonne occasion de donner un coup de pouce à la fiscalité écologique, estime le président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

«On devrait profiter de cette baisse pour accélérer le transfert vers une fiscalité écologique», a déclaré Bruno Léchevin lors d’une conférence de presse à Dunkerque dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique. «Si une partie de cette baisse était réorientée vers la fiscalité écologique, cela donnerait envie aux investisseurs de se tourner davantage vers le financement de la transition énergétique», a estimé le président de l’Ademe. «Parier sur des énergies fossiles durablement basses serait une erreur totalement inacceptable», a-t-il dit en réponse à une question sur le handicap que pourrait représenter pour le développement des énergies renouvelables un pétrole à moins de 30 dollars (27,5 €) le baril.

LA FRANCE TRES EN RETARD

Amorce rejoint le président de l’Ademe dans cette analyse. L’association, qui compte 553 collectivités représentant 60 millions d’habitants, juge que les deux textes de la loi de finances promulgués le 29 décembre sont «le rendez-vous manqué de la transition écologique des territoires». «Où est la fiscalité carbone que nous réclamons depuis si longtemps pour financer nos politiques énergétiques?», s’est demandé Amorce lors d’un atelier consacré ce mercredi 27 janvier aux changements apportés par les lois NOTRe et Transition énergétique. «A l’exception de la montée en puissance de la part carbone de la fiscalité énergétique, les mesures attendues, et pour certaines promises, ne sont absolument pas au rendez-vous pour les collectivités territoriales», a poursuivi Amorce.

Même s’il y a 24 impôts à vocation écologique (Bercy), la France est très en retard pour les recettes fiscales écologiques. Elle se retrouve même en 24e position sur 28 (Eurostat). Ces recettes représentent moins de 2% du PIB alors que la moyenne européenne est de 2,4%. Elles sont de près de 5% au Danemark et de 3,5% en Allemagne.

TOUT POUR REUSSIR

Revenant à la question de la transition énergétique débattue aux Assises de Dunkerque, le président de l’Ademe s’est réjoui de constater qu’elle était «vraiment prise en compte sur le terrain par les collectivités et les entreprises». «Nous avons tout pour réussir, la volonté, le travail de terrain, les méthodes; et tout pour parvenir à une croissance plus durable qui crée de l’emploi et de la valeur», a-t-il dit. Il a ainsi cité le plan de rénovation énergétique de 500.000 logements qui représente «75.000 emplois par définition non délocalisables», les 60.000 entreprises RGE[1] et les 100 plates-formes territoriales (140 fin 2016) de rénovation énergétique (TTRE), tandis que le prêt à taux zéro 2016 (PTZ) «commence à décoller» et que la rénovation énergétique des bâtiments publics va trouver ses financements via la Caisse des dépôts.

Il a enfin cité en exemple le développement des énergies renouvelables, «en constante augmentation» dans le monde, et celui du solaire photovoltaïque, «de plus en plus compétitif», comme l’a montré une récente étude de l’Ademe sur un autofinancement possible de ces énergies sans subvention dès 2020. «Nous sommes en plein changement de modèle, passant d’un système de monoculture énergétique à un mode décentralisé fondé sur les énergies renouvelables», a-t-il conclu.



[1] RGE: reconnu garant de l’environnement

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus