Un petit peu moins de pesticides dans les aliments européens

Le 09 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Au moment où une coalition de 28 ONG lance une campagne de mobilisation en faveur de l'agriculture biologique, afin que la France atteigne réellement l’objectif officiel de 20% de bio en 2020, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publie son troisième rapport annuel sur les résidus de pesticides dans l'alimentation de l’Union.

Rendu public le 8 novembre, ce document réévalue l’exposition des consommateurs européens à des résidus de pesticide à travers leur régime alimentaire.

 
Pour les 27 Etats membres de l'UE plus l’Islande et la Norvège, un programme national de contrôle de l’imprégnation des aliments par les pesticides a été mis en place. Au total, ce sont donc près de 68.000 échantillons provenant de 3.000 aliments qui ont été analysés en 2009 et 834 pesticides recherchés. En comparaison, 300 produits alimentaires ont été analysés en 2009 et un peu moins de 200 en 2008. Les conclusions du rapport de l’Efsa indiquent que 97,4% des échantillons analysés en 2009 sont conformes aux limites maximales de résidus (LMR) autorisées: 1% de mieux qu’en 2008.
 
Ces programmes nationaux de collecte et d’analyse ont permis de détecter, parmi les 68.000 échantillons, 338 pesticides dans les légumes, 319 dans les fruits et les noix, alors que dans les céréales, 93 molécules différentes étaient présentes. La plupart (99,7%) des produits alimentaires d’origine animale ne contenaient aucun produit phytosanitaire.
 
Les assemblages les plus fréquemment détectés sont: l’éthéphon dans les figues, la tetramethin dans les champignons sauvages, les ithiocarbamates dans les fruits de la passion, de la nicotine, utilisée comme insecticide sur les champignons et enfin de l’amitraze dans les poires.
 
En parallèle, un second programme, coordonné cette fois-ci par l’UE, a permis d’analyser, en 2009, 138 pesticides différents. 120 produits phytosanitaires ont été recherchés dans les fruits et légumes et 32 pesticides dans la viande animale sur un total de 10.553 échantillons analysés. Sur les 138 pesticides testés, des résidus de 111 molécules différentes ont été détectés: de l’imazalil dans les bananes, du chlorméquat dans le blé, du fenhexamid dans le raisin de table.
 
A noter que parmi tous les fruits et légumes analysés en Europe, ce sont les raisins de table qui contiennent le plus de résidus de pesticides (2,8%) suivis par les poivrons (1,8%) puis les aubergines (1,7%), les petits pois (1%), le blé (0,8%), etc. Il faut préciser que plus de 75% des échantillons de raisin contiennent des résidus. 56% contenaient même plusieurs résidus, de 2 jusqu’à 33 molécules différentes. Et dans l’ensemble au niveau européen, 25% des échantillons de fruits et légumes contiennent plusieurs résidus (de 2 à 26 dans un même échantillon), contre 16% en France.
 
Sur les 10.553 échantillons prélevés dans le cadre de ce programme européen, un risque potentiel n’a pu être écarté pour 77 d’entre eux. Selon l’Efsa, le dépassement des LMR a plus souvent été observé dans des échantillons provenant de pays situés en dehors de l’Espace économique européen (6,9% des échantillons) que dans ceux provenant des pays de l’UE et la Norvège et l’Islande (1,5% des échantillons).
 
Enfin, en ce qui concerne les aliments issus de l’agriculture biologique, les dépassements de limites maximales de résidus sont 7 fois moins fréquents que dans les produits issus de l’agriculture conventionnelle. Les contaminations des fruits et légumes bio sont donc extrêmement rares: seuls 2% des échantillons bio analysés en France contenaient des traces de pesticides, sans que jamais les LMR ne soient dépassées. «Les contrôles sévères pratiqués en agriculture bio portent donc leurs fruits», estime François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures.
 
En comparaison, ce sont 37,4% des fruits et légumes issus de l’agriculture intensive analysés en 2009 à l’échelle européenne qui contenaient des résidus de pesticides. «En moyenne les consommateurs ont donc 18 fois plus de risque de trouver un résidu de pesticide dans un aliment issu de l’agriculture intensive que dans un aliment bio!», conclut François Veillerette.
 


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