Un peptide universel contre l’E. coli

Le 27 juillet 2011 par Romain Loury
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Une équipe canadienne a découvert un peptide actif contre toutes les souches d’E. coli, qui pourrait être utilisé par pulvérisation sur les aliments potentiellement contaminés, lors de travaux publiés dans la revue Microbiology.

 

Première arme préventive contre la bactérie E. coli: la cuisson. Mais si celle-ci est efficace pour la viande hachée, généralement infectée par la souche O157:H7, elle n’est d’aucun secours quant aux aliments se consommant crus. Notamment les graines germées, à l’origine de l’épidémie d’E. coli qui sévit depuis mai en Allemagne.
 
Basée à l’université Ryerson de Toronto (Canada), l’équipe de Debora Barnett Foster a exploité une faille de la bactérie: son passage dans l’estomac, dans lequel l’E. coli se retrouve dans un milieu très acide (pH 2,5). Si la plupart trépassent lors de cette étape, une minorité de bactéries, en quantité suffisante pour demeurer pathogènes, survivent, en parvenant à réparer leur ADN dès qu’elles sont dans l’intestin.
 
C’est cette étape qu’ont ciblée les chercheurs avec le peptide «wrwycr»: cette petite molécule se fixe à certaines lésions de l’ADN (appelées «jonctions de Holliday»), empêchant les survivantes de récupérer du choc acide. Résultat des tests in vitro: la survie des E. coli plongées à pH 2,5 était très amoindrie lorsqu’elles étaient prétraitées 5 minutes avec le peptide.
 
Selon les souches testées, la mortalité était multipliée d’un facteur 1.000 à 100.000 par rapport au seul traitement acide. Derrière ce peptide, les chercheurs voient déjà un antimicrobien appliqué par exemple sous forme de spray « aux aliments potentiellement contaminés, de manière à accroître la mortalité liée au stress de l’acide gastrique».
 
Prochaine étape, les tests chez l’animal, mais aussi sur d’autres bactéries, telle la souche O104:H4, à l’origine de l’épidémie allemande, dont l’équipe attend actuellement un échantillon. Ou encore sur d’autres bactéries impliquées dans les intoxications alimentaires, comme les salmonelles.


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