Un parlementaire US veut instaurer une taxe carbone

Le 24 juillet 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le député Carlos Curbelo, un député US républicain anti-Trump.
Le député Carlos Curbelo, un député US républicain anti-Trump.
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Cette mesure rapporterait 700 milliards de dollars en dix ans.

 

 

Le front républicain est-il en train de se lézarder à Washington ? Lundi 23 juillet, Carlos Curbelo a proposé d’introduire une véritable taxe carbone. Dans sa proposition de loi, le député républicain de Floride suggère d’amender le code des impôts américain en remplaçant les taxes fédérales sur l’essence et le kérosène par une fiscalité du carbone.

24 $ par tonne de CO2

Dès 2020, les installations industrielles émettant plus de 25.000 tonnes de CO2 par an devraient payer 24 $ (20,5 €) par tonne de gaz carbonique relâchée dans l’atmosphère. Sont particulièrement visées : les mines de charbon, raffineries, usines de traitement de gaz, cimenteries, aciéries, verreries et autres fonderies d’aluminium La taxe est prévue pour augmenter d’au moins 2% par an, hors inflation.

Selon des calculs réalisés par des chercheurs de l’université Columbia de New York, cette fiscalité permettrait d’abattre de 32% les émissions carbonées de l’industrie lourde américaine entre 2005 et 2032. Mieux que ce qu'imposait l'Accord de Paris à l'industrie outre-Atlantique. La taxe frapperait également les produits importés aux Etats-Unis.

700 milliards en 10 ans

Les deux tiers des 700 milliards de dollars (600 Md€) collectés en 10 ans seraient affectés à un fonds de modernisation des infrastructures autoroutières et aéroportuaires. Environ 10% seraient utilisés par les Etats fédérés pour réduire le coût des emprunts alloués aux revenus modestes pour acquérir leur logement. Le solde financerait des travaux d’adaptation à la montée du niveau des océans dans les zones inondables.

minorité agissante

Cette proposition de loi a-t-elle une chance d’être votée ? A peu près aucune, en réalité. Mais son seul examen par une commission parlementaire rappelle l’existence, au sein du Grand Old Party (GOP, le surnom du parti républicain) d’une minorité de députés et de sénateurs qui reconnaissent l’existence de la crise climatique.

Il y a 9 ans, la chambre des représentants (l’équivalent de l’assemblée nationale) avait adopté l’American Clean Energy and Security Act, texte appelant à la création d’un marché de quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Mesure torpillée par la suite au sénat. La semaine passée, une majorité de députés a adopté une résolution indiquant que « l’instauration d’une taxe carbone serait préjudiciable à l’économie des Etats-Unis ». Autre temps, autres mœurs.



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