Un papillon retarde une déviation à Bordeaux

Le 30 août 2016 par Marine Jobert
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L’Azuré de la sanguisorbe, en très mauvais état de conservation.
L’Azuré de la sanguisorbe, en très mauvais état de conservation.
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L’Azuré de la sanguisorbe, en très mauvais état de conservation, bloque la poursuite du chantier d’une déviation au nord-ouest de Bordeaux. Le conseil départemental tient beaucoup à cette route, également soutenue par l’Etat.

79 espèces protégées inventoriées sur 7,8 kilomètres de tracé, plus de 11 hectares de zones humides détruits… La déviation du Taillan, destinée à détourner une partie de la circulation provenant de la route du Médoc (Lesparre-Bordeaux) vers la route Lacanau-Bordeaux, est à gros enjeux environnementaux. Les juridictions administratives ne s’y sont pas trompées qui, à deux reprises, ont donné raison aux associations de protection de la nature qui contestaient l’infrastructure.

Arrêtés annulés

En juillet 2015, France Nature Environnement, la fédération Sepanso Gironde et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Aquitaine obtenaient du tribunal administratif de Bordeaux l’annulation de deux arrêtés autorisant la destruction de zones humides, d’espèces protégées et de leurs habitats. Une décision contestée en appel par le ministère de l’environnement, main dans la main avec le conseil départemental de la Gironde, maître d’ouvrage.

Très mauvais état de conservation

Un an plus tard, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé en partie la décision, estimant que le préfet de la Gironde avait eu tort d’estimer que le tracé de la déviation routière n’avait aucun «impact direct» sur le papillon Azuré de la sanguisorbe et son habitat. En très mauvais état de conservation au niveau national et faisant l’objet d’un plan national d’action, ce lépidoptère a été vu «à seulement quelques mètres à l’ouest de l’emprise du projet», où il aurait même pondu, rappelle la Cour. «Le conseil départemental s’obstine à créer une route au pire endroit, malgré les alertes des associations et les avis d’experts défavorables (Conseil national de protection de la nature et Conseil scientifique régional du patrimoine naturel) (…) Il n’est curieusement pas envisagé de respecter le droit de l’Union européenne en étudiant un autre tracé moins impactant», s’étonnaient les associations l’an passé dans un communiqué. C’est que la future déviation traverse la seule station connue en Gironde de l’Azuré de la sanguisorbe, et une des deux seules d’Aquitaine, ce qui conduit à une destruction partielle de son habitat naturel.

Nouvelle demande à venir

Las, condamné à 2.000 euros aux dépens, le conseil départemental ne compte pas pour autant remiser les bulldozers et les pioches. Une dizaine de millions d’euros, sur un budget de 35 millions, ont déjà été dépensés pour le défrichement et la construction de giratoires, rappelle Rue89 Bordeaux. D’autant qu’en appel, l’arrêté relatif à la loi sur l’eau qui autorise la destruction des zones humides n’a pas été annulé. Reste donc à la collectivité à déposer une nouvelle demande de destruction d’espèce protégée, pour un projet qui a les faveurs de l’Etat.

 



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