Un outil pour appréhender les effets du confinement sur la qualité de l’air

Le 10 avril 2020 par Victor Miget
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Cas de référence
Confinement (Covid-19)
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Echelle de couleurs
Carte des concentrations moyennes journalières de PM2.5
Confinement (Covid-19).
Cas de référence Confinement (Covid-19) Différence Echelle de couleurs Carte des concentrations moyennes journalières de PM2.5 Confinement (Covid-19).
Ineris

L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) met en ligne un outil de visualisation des effets quotidiens du confinement sur les émissions de NO2 et de particules fines. 

 

La Covid-19 grippant l’activité économique, les émissions de polluants atmosphériques baissent. Afin de mieux appréhender ces impacts, l’Ineris a mis en ligne un outil ludique présentant les évolutions quotidiennes de concentrations du dioxyde d’azote (NO2) et des particules PM10 et PM2.5.

Ordre de grandeur. Pour construire le scénario Confinement ont été appliquées des baisses de - 70% du trafic routier liées aux déplacements particuliers, de- 20% du trafic routier à vocation commerciale, de - 30% des activités industrielles, de 90% pour l’aviation et le trafic non routier (ferroviaire, fluvial etc.). Sans oublier une augmentation de + 20% du chauffage résidentiel. Des pourcentages représentatifs de ceux constatés ces dernières semaines.

Etablir des scénarios

L’interface visualise les prévisions de concentrations desdits polluants selon deux options : sans et avec confinement. Le premier cas prend en considération les émissions tous secteurs confondus (transport, industrie, agriculture, etc.). Elles sont estimées en situation dite normale en 2020, c’est-à-dire hors confinement. Le  second cas considère une réduction d’émissions associée au confinement : situation dite « Confinement (Covid-19) ».

A partir de ces deux hypothèses sont dressés des scénarios d’émissions. L’interface renseigne le maximum quotidien des concentrations horaires en dioxyde d’azote et la moyenne journalière des concentrations en particules (PM10 et PM2.5). Et ce, pour chacun de ces situations. Les différences entre ces deux scénarios sont exprimées en µg/m3. Les prévisions s’étalent sur trois jours.

A qui ça sert?

Cette approche de l’Ineris permet d’évaluer l’efficacité des politiques futures de gestion de la qualité de l’air. «L’outil s’adresse au grand public, aux décideurs politiques et aux Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA). Nous fournissons des informations au niveau national, en complément et/ou substitut», explique Augustin Colette, en charge de la modélisation de la qualité de l'air à l’Ineris. «Nous considérons que nous pouvons tirer des enseignements de cet épisode de confinement, afin que le public puisse prendre conscience de ces interactions.»

L’interface confirme, par exemple, la baisse notable des émissions des dioxydes d’azote constatées ces dernières semaines, en raison d’un trafic routier quasiment au point mort. En revanche, la diminution est moindre pour les particules fines. Pour ces dernières, «d’autres secteurs y contribuent fortement, comme le résidentiel ou l’agriculture (via les épandages, entre autres, ndlr). Aussi, ces émissions n’ont pas vraiment baissé ces derniers jours», note Augustin Colette.

En parallèle, l’Ineris développe un second outil dans le cadre de Copernicus, un programme européen de production de données environnementales. Il sera possible d’y modéliser ses propres scénarios de réduction d’émissions de polluants et ce, sur toute l’Europe. «L’interface sera disponible dans les prochains jours», confie Augustin Colette.