Un oléoduc canadien de 1.178 km bientôt construit?

Le 23 décembre 2013 par Marine Jobert
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Le trajet de l'oléoduc canadien.
Le trajet de l'oléoduc canadien.
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Nom de code: Northern Gateway. Objectifs: acheminer 525.000 barils par jour de pétrole brut issu des sables bitumineux dans un sens et 193.000 barils de condensat[1] dans l’autre sens et construire un terminal maritime[2]. Longueur: 1.178 kilomètres, entre le centre du Canada (l’Alberta) et la côte Ouest (au nord de la Colombie-Britannique). Coût: 7,9 milliards de dollars canadiens (5,4 Md€). Alors que le projet Keystone XL vers le golfe du Mexique n’en finit pas de ne pas être approuvé par Barack Obama, les Canadiens trépignent de ne pouvoir exporter davantage les 2,5 millions de barils de pétrole produits chaque jour, notamment vers l’Asie.La commission fédérale d'examen environnemental, une entité indépendante mandatée depuis 2010 par le ministre de l'environnement et l'office canadien de l'énergie, «après avoir soupesé tous les éléments (…) et conclu que la réalisation du projet serait plus avantageuse pour le Canada et la population canadienne que le contraire», a recommandé, le 19 décembre, que le projet soit approuvé. Un feu vert assorti toutefois de quelque 209 conditions.

 

Globalement, la commission estime qu’hormis «les effets cumulatifs pour certaines populations de caribous des bois et d'ours grizzlis», «les fardeaux pour l'environnement occasionnés par la construction et l'exploitation courante du projet peuvent généralement être atténués et que, grâce à une surveillance, des recherches scientifiques et une gestion adaptative, il est possible de réduire davantage les effets négatifs». Evidemment, les conséquences environnementales, sociales et économiques d’un déversement de pétrole important, «bien qu'improbable et non permanent», seraient «considérables», admet la commission. Elle juge toutefois que le promoteur du projet «avait pris des moyens pour réduire le plus possible la probabilité d'un déversement important, grâce à l'approche préventive qu'[il] a adoptée et à ses engagements de recourir à des systèmes de sécurité novateurs et redondants».

 

C’est au gouvernement fédéral, qui s'est déjà prononcé en faveur du projet, qu’il revient désormais de trancher, d'ici 180 jours. Les dirigeants du Sommet des premières Nations et de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique (UBCI) lui ont immédiatement demandé de ne pas accepter cette recommandation. «La bataille ne fait que commencer», a promis Chris Genovali, le directeur de la Raincoast Conservation Foundation, qui craint notamment les conséquences de déversements en mer sur les populations de saumon. «Nous allons exercer nos droits et notre juridiction qui nous viennent de nos lois et de nos droits territoriaux ancestraux de défendre nos terres, nos eaux ainsi que la santé et la sécurité de nos peuples», a ajouté le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

 



[1] Un pétrole léger qui sert à liquéfier le pétrole brut pour le faire circuler dans le pipeline.

[2] Le terminal à Kitimat comporterait deux postes d'accostage pour accueillir des navires-citernes, trois réservoirs de stockage de condensat et un parc de stockage du pétrole de 16 réservoirs.

 



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