Un nouveau système de dépollution des navires

Le 19 octobre 2004 par Claire Avignon
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Le JLMD System facilite la dépollution des navires naufragés. Il commence à être installé sur de nombreux navires neufs. Prescrite par des sociétés d’assurances, cette innovation française pourrait contribuer à minimiser les dégâts dus aux marées noires.

Ce nouveau dispositif de récupération de pétrole sur les navires, équipera quatre bâtiments d'ici la fin de l'année. Et le JLMD Ecology Group, qui comprend pour le moment six salariés, a déjà enregistré une trentaine de commandes pour 2005, principalement en Asie. Ce succès fait suite aux nombreux naufrages des dernières années, comme ceux de l'Erika et du Prestige. Ils ont pollué de manière durable de nombreuses côtes dans le monde entier. Le pompage du fioul de l'Erika ne s'est ainsi achevé qu'à la fin du mois de septembre, 23 mois après le naufrage du 19 novembre 2002. En outre les marées noires représentent des enjeux financiers considérables pour les armateurs, assureurs, compagnies pétrolières et collectivités locales. Total a ainsi déboursé environ 200 millions d'euros après le naufrage de l'Erika en nettoyage des côtes, pompage et traitement des déchets.

La prévention des marées noires résulte principalement de conventions internationales qui demandent la mise en place progressive de doubles coques ou de ponts intermédiaires et le retrait des navires trop âgés. Breveté par Jean-Luc Dabi, un ancien chargé de communication, le JLMD system a l'avantage d'être seul sur son marché. Le procédé n'est pas véritablement une innovation technique. Il s'agit en fait d'un service qui permet de simplifier la récupération du fluide polluant après le sinistre. «La cargaison de pétrole est en général répartie entre douze et seize cuves, explique Ivan Leborgne, ingénieur naval au JLMD Ecology Group, société qui exploite le brevet. A chacun des quatre angles, nous installons un connecteur, c'est-à-dire un tuyau qui traverse le pont et relie la cuve à l'extérieur. Il permet à la société chargée de l'extraction du pétrole de connecter facilement le tuyau de récupération, quelque soit la position du navire. Le raccordement est effectué soit par un plongeur, soit par un robot télécommandé lorsque le bateau est trop profond. En fait, cela évite la phase de perçage de la coque qui fait perdre habituellement du temps.» Cette technique n'a bien sûr pas pu être expérimentée à grande échelle. Bureau Veritas, organisme d'évaluation de conformité et de certification, a approuvé le principe de base du système qui n'entre pas en conflit avec les règlements maritimes. Même si le principe n'est pas remis en cause, on peut toutefois considérer que certains fonds sous-marins resteront difficiles à atteindre. Une assistance 24h/24h par Smit salvage accompagne le dispositif. Ce leader mondial des travaux sous-marins, basé aux Pays-Bas, a participé entre autres à la dépollution de l'Erika et du chimiquier Ievoli Sun. Dès l'annonce du naufrage, cette société s'engage à arriver sur le site dans les vingt-quatre heures. Puisque tout est contractualisé entre le navire et Smit salvage, les tractations entres les différents acteurs, pétrolier, Etat, communes, armateur, sont évitées. Et la récupération du pétrole devient plus rapide et efficace. D'autant plus que la société hollandaise connaît l'agencement des tuyaux. Selon JLMD Ecology Group, le coût du procédé ne dépasse pas 1% du prix du navire neuf et 0,2% des coûts d'exploitation sur quinze ans du navire. Cela représente un surcoût non négligeable, mais les compagnies d'assurance font la promotion de ce type de solutions. Elles estiment que les armateurs y gagneront à la fois en termes d'image et financièrement. Certains groupes anglais d'assurance proposent ainsi une diminution du coût de la prime d'assurance pour les navires équipés du système.


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