Un nouveau souffle pour le bâtiment durable

Le 09 juillet 2012 par Stéphanie Senet
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A quoi ressemblera un bâtiment durable en 2020?
A quoi ressemblera un bâtiment durable en 2020?

Créé le 6 janvier dernier, le nouveau groupe de travail Réglementation Bâtiment responsable 2020, dit «RBR 2020», entend accélérer le déploiement de bâtiments sobres en France au cours des 8 prochaines années. Lors de son premier colloque, organisé ce 9 juillet, il a donné quelques pistes pour relancer la réflexion.

Pour généraliser les bâtiments sobres, alimentés par des énergies décarbonées à l’horizon 2020, il va falloir passer à la vitesse supérieure. Le constat est unanime au sein des 21 membres de ce nouveau groupe de travail, issus d’horizons divers, comme le logement, l’immobilier, la sociologie, la médecine, ou l’architecture.

Pendant 6 mois, ils ont concocté un cadre de travail qui compte donner un coup d’accélérateur au déploiement d’un habitat plus durable, dans le prolongement du plan Bâtiment Grenelle (PBG) et notamment de sa réglementation thermique RT 2012, pour l’heure seulement applicable aux bâtiments neufs du tertiaire (voir JDLE) (1). Ces experts ont d’ailleurs été missionnés en septembre 2011 par le président du PBG, l’avocat Philippe Pelletier.

Ce groupe entend faire entendre ses conclusions au niveau national. «Il ne faudrait pas se priver de participer à la prochaine conférence sur la transition énergétique, qui doit se tenir à la rentrée, pour y faire part de nos travaux», prévoit Jérôme Gatier, directeur du comité stratégique du PBG et membre du RBR 2020.

Pour prendre la mesure du retard français, des avancées européennes ont été présentées. A commencer par la démarche britannique, axée sur la réduction des émissions de CO2 en raison de la forte part du charbon dans la production d’énergie nationale. «Le pilier britannique repose sur le référentiel Breeam  [Bre Environmental Assessment Method, ndlr], qui vise le zéro carbone pour toutes les habitations à l’horizon 2016», a rappelé Philippe Bonnave, directeur général délégué de Bouygues Construction. Outre-Manche, les bâtiments durables font aussi l’objet de plans régionaux spécifiques, comme le London Plan (publié en février 2008), qui prévoit que 20% de l’énergie du bâtiment doit provenir d’énergies renouvelables développées localement.

Autre exemple: «la société à 2.000 watts», le modèle suisse d’une société plus durable, en référence à la consommation d’énergie   par habitant et par heure. L’objectif, non contraignant, est de l’atteindre à l’horizon 2050, avec un palier à 3.500 W en 2020. 2.000 watts, cela représente la consommation d’un Helvète dans les années 1960. Pour cela, l’accent est mis sur la mobilité, ainsi que sur les énergies produites localement (objectif: 20% de la consommation). Si aucune réglementation officielle ne l’accompagne, «tous les promoteurs s’en inspirent pour développer leurs projets», assure Philippe Bonnave.

La France a encore du chemin à parcourir. «Elle s’est fixée un objectif sur la seule réglementation thermique, la RT 2012, ce qui n’est pas à la hauteur du changement de société qui sera le nôtre en 2020», prévient Alain Maugard, président de Qualibat (qualification et certification d’entreprises de la construction). «Nous avons misé sur deux hypothèses pour le futur. Selon nous, les énergies renouvelables vont se développer sans obstacles techniques et représenteront un jour la même part que le nucléaire en France, ce qui aura des conséquences énormes sur les bâtiments», ajoute-t-il, de façon optimiste. La France a-t-elle le choix? «On sent qu’on a besoin de trouver un nouveau souffle. On a atteint un certain seuil dans l’innovation», reconnaît Yves Laffoucrière, directeur générale d’Immobilière 3F.

Sept paramètres ont été définis pour engager une nouvelle réflexion au niveau national: l’innovation et les techniques de construction et de réhabilitation ; les énergies renouvelables ; la qualité des systèmes de vie ; la réglementation ; le coût économique ; le climat ; le carbone et l’énergie ; et enfin la santé et l’environnement. Pour chacun d’entre eux, le groupe propose de réfléchir autour des trois axes fondamentaux que sont l’homme, le temps et les territoires. Cette grille de lecture est ensuite prête à accueillir les bonnes idées, comme l’a testé le RBR 2020. Les principales pistes ont été lancées: la conception d’un bâtiment espace de vie ; l’intégration du plaisir et du bien-être physique, psychique et social ; la conscience d’une empreinte sanitaire (cf. les intoxications au monoxyde de carbone qui touchent encore 6.000 personnes par an, les cancers du poumon dus au radon, les cancers de la plèvre liés à l’amiante, sans oublier les grippes dues au manque de renouvellement d’air et les allergies) ; la participation des habitants ; les nouvelles échelles que sont le quartier et la ville ; la réduction de l’empreinte énergétique et des inégalités environnementales ; la déterritorialisation des calendriers ; les leviers réglementaires de soutien et la nécessaire convergence avec les transports…

Dans cet esprit, on peut d’ailleurs déplorer l’absence des collectivités locales de ce groupe de travail. Leurs expériences sur les éco-quartiers et leur vision globale à l’échelle d’un territoire en font des partenaires privilégiés.   

 

(1) Un décret est attendu avant la fin de l’année pour le lancement d’une obligation de travaux dans le tertiaire existant.



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