Un nouveau programme pour la biodiversité

Le 20 octobre 2004 par Christine Sévillano
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Un règlement du Conseil européen fixe le nouveau programme communautaire pour la conservation, la caractérisation, la collecte et l'utilisation des ressources génétiques. Mais les organisations de gestion, comme le Bureau des Ressources Génétiques, attendent toujours un plan de travail.

Bruxelles vient d'établir un nouveau programme communautaire sur les ressources génétiques par le règlement du Conseil du 26 avril 2004. Ce texte porte sur la conservation, la caractérisation, la collecte et l'utilisation des ressources génétiques pour favoriser la biodiversité en agriculture. Les experts ont dû patienter cinq ans puisque le dernier programme, commencé en 1994, s'est achevé le 31 décembre 1999. Toutefois, le plan de travail n'est pas encore sorti. Ce document précisant un certains nombre de points est nécessaire pour la mise en oeuvre du programme. Il ne peut y avoir d'appel à projets sans ce plan. "Nous l'espérions déjà pour le printemps 2004 et a priori il ne sera pas au point avant le début de l'année prochaine", explique Dominique Planchenault, directeur du Bureau des ressources génétiques (BRG), l'organisation gouvernementale française chargée de coordonner la politique de ressources génétiques. "La Commission européenne traîne. Elle a en fait été vexée par un rapport d'experts indépendants réalisé en 1998 ", poursuit le directeur. Il a souligné le manque de moyens administratifs de la direction générale de l'agriculture. De nombreux projets n'avaient pas abouti à cause des lenteurs de traitement. "Pourtant la Commission est un bon relais, elle octroie des financements nécessaires aux recherches", affirme Dominique Planchenault.

Elle a d'ailleurs décidé, en décembre 2003, d'octroyer 10 millions d'euros pour financer les projets sur la période 2004-2006, contre 20 millions pour le précédent. Le travail sur les ressources génétiques a été délégué aux États souverains lors de la Convention sur la diversité biologique de Rio en 1992. Mais au sein de l'Union européenne, les structures de gestion des ressources génétiques, comme le BRG, comptent sur l'aide financière et réglementaire de la Commission. Depuis plus d'une dizaine d'années, le BRG s'emploie à inventorier la diversité intra-espèce animale, végétale et microbienne pour la France. L'objectif de cette quête consiste à conserver la diversité des espèces. La tâche est très délicate, rien que pour les oiseaux, environ deux millions d'espèces coexistent. L'inventaire et la conservation sont pourtant nécessaires puisque d'une race à l'autre, la variabilité peut être importante et pertinente pour l'agriculture. La vache holstein, par exemple, produit plus de lait que d'autres. "En fait, il y a autant de différences entre une vache charolaise et une limousine qu'entre une charolaise et un renard", affirme Dominique Planchenault. L'inventaire n'est pas figé, des espèces disparaissent et d'autres sont découvertes, mais il est en grande partie établi. Désormais les experts en ressources génétiques s'attachent à d'autres questions plus essentielles. Telle race menacée de disparition est-elle vraiment en train de s'éteindre? Une espèce présentée comme nouvelle est-elle originelle ou a t-elle été transformée? "Nous sommes passés de l'amateurisme à un stade de maturation", affirme Andrée Santot, chargée de mission au BRG. Une évolution que le BRG a réussie à faire inscrire dans le nouveau programme communautaire. "C'était important que la Commission prenne acte de notre travail. D'autant plus qu'à 25, les perspectives ne sont plus les mêmes: la Pologne ou la Hongrie abandonnent encore des espèces sans se rendre compte de la portée de ces pertes", relève Dominique Planchenault.

Ce programme différencie notamment pour la première fois la conservation in situ, ce qui signifie que les espèces sont conservées dans leur milieu naturel, et ex situ. Dans ce dernier cas, les ressources génétiques sont gardées hors de leur milieu comme dans des collections ou en cryogénisation. Enfin, le règlement prévoit la constitution de sites internet décentralisés fournissant les informations récoltées sur les ressources génétiques. Ces bases de données doivent aider agriculteurs et industries agroalimentaires dans l'élaboration de nouveaux produits. "La conservation ne s'effectue pas dans un but statique. Nous ne sommes pas un musée. Il faut que des allers et retours se produisent régulièrement entre conservation et utilisation", conclut Andrée Santot.


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