Un nouveau parc naturel marin

Le 12 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Officialisée jeudi 12 octobre par la ministre de l'écologie, la création du parc naturel marin du golfe du Lion séduit les milieux du tourisme, scientifiques ou les communes du littoral, mais réveille les craintes des pêcheurs, qui s'estiment mis devant le fait accompli.
 
Avec ses 4.000 kilomètres carrés au large du Roussillon, et sur 100 km de côtes entre Leucate (Aude) et cap Cerbère (Pyrénées-Orientales), avec plus de 1.200 espèces animales (du mérou brun au grand dauphin), il s'agira du troisième parc naturel marin, après ceux d'Iroise (Finistère) et de Mayotte.
 
Cinq autres sites doivent suivre: le Golfe normand-breton, le bassin d'Arcachon, les Glorieuses (océan Indien), les estuaires picards et l’estuaire de la Gironde et les Pertuis charentais.
 
La création du parc naturel marin qui longe la côte catalane vise trois objectifs: connaître le milieu marin, le protéger et aider les activités marines professionnelles (pêche, plongée) et de loisirs à se développer durablement, précise le ministère de l'écologie.
 
Pour le maire PS de Collioure (Pyrénées-Orientales) Michel Moly, qui a participé aux discussions, la démarche a reçu l'appui de toutes les communes. Conseiller général, il se félicite en particulier de la composition du futur conseil de gestion, qui réunira élus, associations, professionnels de la mer.
 
 Les clubs de plongée et autres activités nautiques de tourisme sont également satisfaits parce que le parc permettra de coordonner les activités de tous, autour d'un axe qui est la préservation, selon le directeur du Rédéris Club de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), Gérard Puig.
 
Les scientifiques se félicitent de la création du parc, une occasion de faire rencontrer tous les acteurs de la mer autour d’une approche intégrée de la gestion de l'environnement, pour Philippe Lebaron, directeur du Laboratoire océanologique Arago de Banyuls-sur-Mer (CNRS - UPMC). Un périmètre délimité permettra aussi d'avoir un suivi sur le long terme pour étudier un certain nombre de processus comme le réchauffement climatique.
 
Une grande partie du parc est déjà couverte par la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls et 6 sites Natura 2000 en mer, ou encore des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) destinées à protéger espèces et habitats.
 
Selon ses promoteurs, le parc naturel marin n'a pas vocation à édicter de nouvelles réglementations. Une affirmation à laquelle ne croit pas le vice-président du comité régional des pêches Languedoc-Roussillon, Dominique Blanchard.
 
Il y aura des contraintes pour la pêche, avec une interdiction ou au moins des restrictions, estime-t-il en affirmant que les pêcheurs ont été mis devant le fait accompli.
 
«Depuis le début, je suis sur le qui-vive, déclare-t-il en ajoutant que de toute façon il n'y aura pas de protection tant qu'on n'aura pas réglé le problème de la pollution, causée par l'agriculture et les stations d'épuration du littoral.»
 
«Les 12 chalutiers de la région, dont 10 à Port-la-Nouvelle, ne trouvent déjà plus les anchois et les sardines qui faisaient la réputation de la zone. Désormais, ils remontent merlus, soles, baudroies, avec des chaluts de fond, un mode de pêche très destructeur», reconnaît-il.
 
Déjà, les gestionnaires du parc regardent au-delà: la Catalogne espagnole a déjà sa propre zone de protection, la réserve naturelle du cap Creus. Un lien entre les deux est dans l'air, selon Gérard Puig.


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